Un homme, une équipe

Antoine Rolland épaule les gérants talentueux pour NewAlpha AM

le 01/11/2012 L'AGEFI Hebdo

A mi-chemin entre le capital-investissement et l’industrie de fonds de fonds, sa société incube les jeunes pousses prometteuses de la gestion.

Antoine Rolland épaule les gérants talentueux pour NewAlpha AM

Quand Antoine Rolland met ses idées en pratique, il les déploie dans toutes leurs implications. C’est ainsi qu’il a fait d’une activité d’incubation logée dans ADI - l’un des plus gros gérants alternatifs des années 2000 -, le propos à part entière de NewAlpha AM, une société créée à la suite du rachat d’ADI par OFI AM en 2008. Un peu à l’image de l’appui que leur a apporté l’institutionnel, Antoine Rolland et son équipe aident les nouveaux gérants à se développer : avec des investissements unitaires d’une trentaine de millions de dollars, NewAlpha AM soutient les stratégies nouvelles et prometteuses, soit au stade du démarrage, soit pour en accélérer le développement grâce à une visibilité accrue auprès des institutionnels.

Déployée de façon systématique et industrielle, cette expertise peut déjà afficher un bilan concluant : avec 4 fonds, NewAlpha AM a procédé à 19 investissements pour 720 millions de dollars, 10 autres étant en voie de conclusion. Privilégiant l’ouverture à l’international - une seule société incubée est installée en France -, la stratégie vient de franchir une étape décisive grâce au partenariat signé avec le groupe Woori, deuxième institutionnel coréen. Les deux maisons se sont entendues pour construire une plate-forme d’incubation en Asie, à partir de Singapour. Un fonds - en partie investi par Woori et OFI AM - est en cours de levée avec un objectif de 150 millions de dollars. D’ores et déjà, les équipes ont analysé 140 dossiers pour en retenir une dizaine.

Une ascension effectuée avec dix professionnels expérimentés dans l’analyse, le développement auprès des investisseurs et les opérations. Antoine Rolland bénéficie aussi des conseils en stratégie d’un senior advisor, Philippe Collas, ex-patron de Société Générale Asset Management. Enfin, pour les fonctions de support, l’équipe trouve l’appui du groupe OFI.

NewAlpha AM table par ailleurs sur un marché à fort potentiel, d’autant que l’activité d’incubation répond à un modèle nouveau en Europe continentale, et largement dans le monde. « Il existe quelques acteurs historiques américains sur ce créneau mais la détection et l’investissement dans de nouveaux gérants ne s’improvisent pas », rappelle Antoine Rolland. Sa société s’est jusqu’ici focalisée sur la « gestion alternative » dans son acception large, c’est-à-dire décorrélée des grandes classes d’actifs, segment où le gisement des sociétés à incuber est très important. « De nombreuses sociétés de gestion alternative dans le monde comptent moins de 100 millions d’euros d’actifs sous gestion, explique Antoine Rolland. Cet univers rassemble une multitude de talents, dont le développement a été rendu plus difficile par la crise que nous traversons. »

Incubation et développement

NewAlpha AM analyse un flux de 400 à 500 dossiers par an, selon un processus méthodique et des systèmes ad hoc capables de gérer des flux de dossiers importants. L’évaluation est également qualitative. « Au-delà de démarches d’investissement originales, nous recherchons des gérants dotés d’une stature d’entrepreneurs, axés sur le développement », précise Antoine Rolland. Dans cette optique, NewAlpha AM a mis au point un système d’investissement alignant ses intérêts sur celui des gérants incubés. « Pour des raisons de liquidité et de simplicité, nous avons opté pour un modèle de partage des revenus : plutôt qu’une prise de participation dans la société de gestion, ce qui poserait des difficultés de gouvernance, de valorisation et de sortie, les investisseurs (via les fonds levés par NewAlpha AM) placent de l’argent dans les fonds des sociétés en incubation, pendant deux à trois ans, expose Antoine Rolland. Ensuite, il est prévu un partage des revenus avec la société incubée, les investisseurs bénéficiant ainsi du développement qu’ils ont favorisé. »

A la clé, les rendements espérés peuvent s’apparenter à ceux du capital-investissement. « En rémunération du risque pris en amont, les investisseurs perçoivent 1 % à 2 % de rendement supplémentaire par an dans les situations 'standard', indique Philippe Paquet, directeur général en charge du développement. Quand les gérants incubés se développent bien, le partage des revenus peut rapporter jusqu’à 7 % en plus de la performance liée à l’investissement de départ. Il s’agit d’une rémunération sur sept à huit ans, qui dépend de la croissance des encours et de la performance globale. » A ce jour, les managers incubés cumulent 3,5 milliards de dollars sous gestion.

Visibilité des investissements

Pour favoriser leur croissance, NewAlpha AM joue un rôle actif de rapprochement avec les investisseurs. De fait, il est compliqué pour un gros investisseur de repérer les nouveaux gérants. « Pourtant, les investisseurs apprécient de prendre à leurs côtés de nouveaux risques, assure Antoine Rolland. Ce thème d’investissement offre une alternative intéressante et innovante à la multigestion, il est en train de monter en puissance. »

Encore européens à 85 %, et surtout composés de family offices et d’assureurs, les investisseurs sont de plus en plus internationaux, la société tissant son réseau à Singapour, Hong-Kong et au Canada. « Nous présentons la société de gestion aux investisseurs pouvant être intéressés par sa stratégie dès lors que nous percevons une demande ou une réceptivité pour des gérants jeunes et en démarrage », relate Philippe Paquet. Présentations de plusieurs gérants sur un même thème, opérations de communication, l’accès aux investisseurs est également facilité par l’investissement de NewAlpha AM dans la société, signe de son engagement. En outre, la confiance repose sur la visibilité des investissements, grâce aux outils de suivi de l’activité et des risques de NewAlpha AM, véritable « vitrine technologique ». « Comme notre stratégie est complexe à expliquer et à structurer, nous assurons à nos clients une parfaite transparence sur les fonds gérés par les sociétés incubées, mais aussi sur le développement de ces sociétés, fait savoir Philippe Paquet. En cela, notre démarche est originale et se différencie notamment de la multigestion classique. »

Le contrôle des risques et des opérations du middle et du back-office concentre une attention particulière, sous la houlette d’un ex-responsable des risques chez Crédit Agricole et ex-patron de société de gestion alternative. « Le risque opérationnel cause plus de 50 % des faillites des gestionnaires en démarrage, le risque afférent à l’investissement lui-même ne venant qu’en deuxième position, souligne Nicolas Vauthier, directeur des opérations. Nous sommes particulièrement vigilants sur ce risque, central dans les sociétés en création. » Issus souvent de la banque d’investissement, les dirigeants des sociétés incubées connaissent mal la gestion pour compte de tiers. « Nous tentons de faire évoluer les sociétés vers une gestion des risques conforme aux standards des institutionnels, passant d’un contrôle ex post à une gestion ex ante des risques », poursuit Nicolas Vauthier. Analysant tant la société de gestion que ses fonds, les opérations que les comptes et la stratégie, l’incubation en version NewAlpha AM semble décidément à l'abri des imitations.

L'équipe

Antoine Rolland, 44 ans, président

Philippe Collas, senior advisor

Clarisse Anger, 38 ans, responsable clientèle institutionnelle

Rozenn Peres, 37 ans, analyste senior

Fabien Dersy, 42 ans, analyste senior

Dylan Janet, 24 ans, analyste marketing & sales

Philippe Paquet, 48 ans, directeur général en charge du développement

Nicolas Vauthier, 41 ans, chief operating officer

Christophe Hassez, 42 ans, directeur des opérations

Barkin Mikail Oker, 26 ans, support recherche/analyse

A lire aussi