Rencontre avec… Pierre Tapie, président de la Conférence des Grandes Ecoles* et directeur général de l’Essec

« A l’Essec, un tiers de nos étudiants sont étrangers »

le 23/02/2012 L'AGEFI Hebdo

La circulaire du 31 mai 2011 sur la « maîtrise de l’immigration professionnelle » a-t-elle nui à l’attractivité des écoles françaises et de leurs diplômes ?

Oui. Elle donne l’image d’une France qui n’a plus envie d’accueillir des étudiants étrangers. Sur les salons, nous avons eu des échos très négatifs. Sur les réseaux sociaux, les étudiants étrangers fraîchement diplômés ont témoigné de leurs difficultés à obtenir un changement de statut. L’intelligence n’a pas de nationalité. A l’Essec, un tiers de nos étudiants sont étrangers. Que ferait-on sans eux ? Si les MBA représentent un flux plus restreint, les étudiants full time (à plein temps, NDLR) sont potentiellement concernés par ce durcissement réglementaire.

La seconde circulaire sur l’accès au marché du travail des diplômés étrangers de niveau au moins équivalent au master a-t-elle permis d’assouplir la situation ?

Si la première circulaire est très regrettable, la seconde est plus ouverte et va dans le bon sens car elle encadre l’arbitraire des préfectures, à condition d’être appliquée sur tout le territoire. Des dossiers d’étudiants ont pu être réexaminés.

*Association de grandes écoles toutes reconnues par l’Etat et délivrant un diplôme national sanctionnant au moins cinq ans d’études après le baccalauréat.

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