Je bouge dans mon groupe

le 27/03/2014 L'AGEFI Hebdo

Au sein de BPCE, les 115.000 collaborateurs peuvent visualiser avec un outil dédié toutes les offres d’emploi en interne.

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Sur le terrain, la mobilité interentreprises est une réalité pour les cadres dirigeants de BPCE. « Ces deux dernières années, le taux de mobilité interréseaux a atteint 80 % chez nos 600 cadres dirigeants, confie Nicole Gelée, directeur du développement RH et de la gestion des dirigeants du groupe. En revanche, ce type d’évolution est plus compliqué à faire vivre aux autres collaborateurs qui sont, la plupart du temps, ancrés dans leur région.  » Les trajectoires en interne sont également activées lorsque des entités sont confrontées à des restructurations, comme c’est le cas de Natixis actuellement. « Elle constitue même un élément de solidarité essentiel, assure Nicole Gelée. En sachant toutefois que, quel que soit le contexte, il est illusoire de vouloir muter un salarié contre son gré. Au sein du groupe, il n’y a donc pas de mobilité imposée.  » Afin de favoriser les passerelles, des comités interrégionaux dédiés regroupant les DRH des entreprises implantées sur un même bassin d'emploi se réunissent deux fois par an. Et pour promouvoir l’idée de bouger dans tout le groupe, le dispositif « Jump » (« J’ai Une Mobilité Personnalisée ») a récemment été lancé pour permettre aux salariés d’avoir une vision globale du marché de l’emploi interne… et les inciter à postuler à des postes. « Jump s'appuie sur un référentiel commun de 110 emplois repères pour suggérer des métiers de proximité classés en trois cercles concentriques, en fonction de la fonction occupée par la personne. L’objectif est que nos collaborateurs deviennent acteurs de leur carrière  », confirme Nicole Gelée. Ce credo, Benoit Caron, 36 ans, directeur projets et prospective de la Banque Populaire de l’Ouest, l’a appliqué à la lettre. Cinq ans après son entrée dans le groupe en 2003 à l’inspection générale, il boucle une première fois ses valises pour rejoindre Coface, une filiale de Natixis, en tant que directeur de projet. « En 2009, le dossier sur lequel je travaillais était en passe d'être bouclé. A ce stade de ma carrière, j’ai eu envie de rejoindre un réseau bancaire et de partir en province, raconte ce cadre aujourd’hui installé à Rennes. J'ai donc sollicité la DRH groupe et mon propre réseau, et c'est un ancien collègue de l'inspection générale qui m’a informé que la Banque Populaire de l’Ouest cherchait un directeur projets. La DRH s’est alors chargée de la mise en relation avec le directeur général de la banque. » Capacité d’adaptation Directeur de l’audit à la Caisse d’Epargne Rhône-Alpes, Marion Rouso, 37 ans, a, elle aussi, été à l’initiative de ses mobilités. Après son entrée au sein du groupe BPCE en 1999 à l'inspection générale de la Banque fédérale des Banques Populaires, elle a intégré en 2007 la Banque Populaire du Nord à Lille en qualité de directeur financier, puis de directeur de région commerciale, avant de rejoindre la Caisse d'Epargne Rhône-Alpes en septembre 2012 à la même fonction. Pour se fondre dans une entreprise, cette diplômée de l’ESCP-EAP mise sur l’écoute. « Le premier mois, je rencontre tous mes collaborateurs afin d’identifier les points forts et les faiblesses de l’équipe. Le deuxième mois, j’échange avec l'ensemble des directeurs du comité exécutif et du comité de direction afin de cerner leur vision de l'entreprise et de me constituer un début de réseau. A partir de là, je m'appuie sur les forces et les faiblesses identifiées pour dresser un diagnostic de l’équipe et construire un plan d'actions. » L’arrivée dans un nouvel environnement de travail implique, au départ, une grande capacité d'adaptation et une bonne résistance au stress. « Les six premiers mois sont toujours un peu sportifs, reconnaît-elle. On doit repartir de zéro et on n’a pas toujours les réponses aux questions que l'on nous pose. Il faut donc accepter cette phase d'acquisition des connaissances qui mobilise beaucoup d'énergie dans une période où l’on a aussi besoin d'être aux côtés de ses enfants que le changement peut perturber également. » Pour faciliter l’intégration, l’accompagnement va au-delà de la recherche du logement et de l’école pour les enfants par un cabinet de relocation. « En attendant la fin de l'année scolaire, le groupe a pris en charge pendant trois mois un aller et retour Paris-Rennes tous les week-ends pour que je rejoigne ma famille, indique Benoit Caron. J'ai bénéficié d'un hébergement temporaire ainsi que d’une voiture de service. » Ces mesures ont d’ailleurs contribué à lever les réticences de son épouse enseignante qui n'était pas emballée à l'idée de quitter Paris pour la province. « Cela impliquait pour elle de quitter un poste de titulaire qu'elle avait mis du temps à obtenir et de repartir à zéro, avec l'obligation d'effectuer des remplacements pendant quatre ans, se souvient-il. Un premier week-end passé à Rennes en amoureux a permis de lever certaines résistances. Et c'est finalement lors du deuxième voyage organisé pour trouver un logement qu’elle a fini par adhérer au projet, à condition toutefois d'habiter dans une maison avec un jardin...  » Marion Rouso n'a pas eu, elle, à convaincre son mari puisque c'est ce dernier qui souhaitait retourner à Lyon, sa ville d'origine. « J'ai aussi la chance qu'il soit consultant financier indépendant. Il continue donc de travailler avec ses clients à Lille, tout en développant une clientèle à Lyon. Et dans deux ou trois ans, lorsque sa clientèle sera 100 % lyonnaise, je lui annoncerai que nous allons devoir déménager à nouveau car une opportunité s'offrira à moi !, déclare-t-elle en riant. Car au-delà de cette envie d'évoluer sur le plan professionnel, j'ai toujours en moi ce désir d'acquérir de nouvelles compétences, de découvrir de nouveaux métiers. Et puis il y a cette adrénaline liée au défi à relever. Lorsque l’on a la satisfaction d’y parvenir, on n'a qu'une envie : revivre cela…  », conclut celle qui vient d’intégrer le comité exécutif de la Caisse d’Epargne Rhône-Alpes.   Son parcours47 ans. Diplômée de l’Ecole de management de Normandie.

1987 : directrice d’agence/chef de produits chez Cetelem.

1991 : responsable projets marketing/responsable grands comptes partenaires chez Cardif.1998 : chef de marché prévoyance et santé pour La Banque Postale chez CNP Assurances.2001 : directrice commerciale et marketing de Filassistance, membre du comité de direction du Groupe Assuristance (holding de CNP Assurances (66 %) et Swiss Life (34 %) qui détient Filassistance).

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