Témoignage Jean-Louis Lecouffe, détaché par l’Agence française de développement auprès de l’association Aides comme chargé de la vie professionnelle

« Je me suis demandé si je devais en parler sur mon lieu de travail »

le 25/11/2010 L'AGEFI Hebdo

« J’étais chargé de mission à l’Agence française de développement lorsque j’ai appris que j’étais séropositif. Comme beaucoup de malades, je me suis demandé si je devais en parler sur mon lieu de travail, sachant que l’acte le plus anodin devenait embarrassant. Par exemple, ne pas oublier le double de mes résultats médicaux à la photocopieuse ou conserver mon sang-froid lorsque l’hôpital me téléphonait en pleine réunion. Après une évaluation de type 360° où mes collègues m’avaient jugé déconnecté, j’ai craqué devant le formateur. J’ai donc décidé de parler à mon responsable et au DRH, qui ont réagi avec humanité et bon sens. Ils m’ont suggéré de rédiger une charte sur les maladies chroniques. Mais près d’un tiers des séropositifs s’estiment victimes de discrimination et 70 % se taisent, alors qu’une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé permettrait notamment un aménagement du temps de travail. Pour aider les ressources humaines et les représentants de salariés à appréhender le VIH comme une maladie chronique, Aides va organiser avec les syndicats des rencontres en entreprises pour sensibiliser les acteurs sociaux au sujet des maladies chroniques dans le cadre des accords sur le handicap. Les groupes financiers font partie de cette cible. »

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