Les docteurs cherchent leur place dans la finance

le 15/06/2015

Longtemps perçu en France comme trop académique, le doctorat devrait pourtant intéresser davantage la finance.

Mardi 2 juin 2015, au Concept Store BNP Paribas à Paris, s’est déroulée une cérémonie de remise de prix récompensant des thèses en économie et en gestion. Cet évènement annuel, parrainé par la banque et son président d’honneur Michel Pébereau, est organisé par l’ANDESE (Association Nationale des Docteurs En Sciences Economiques) afin de donner une plus grande visibilité aux docteurs travaillant dans le secteur financier.

Il est aujourd’hui très difficile de savoir combien ils sont à officier dans la finance, que ce soit dans des postes de recherches ou décisionnels. Ce manque d’information concerne en réalité tous les secteurs d’activités car le grade de «docteur» n’est aujourd’hui pas intégré dans la grande majorité des conventions collectives en France. Cet état de fait reflète le peu de considération professionnelle, particularité française, vis-à-vis du diplôme universitaire le plus élevé.

« Historiquement, les docteurs ont été parfois perçus par les entreprises comme des personnes manquant de soft skills », c’est-à-dire de compétences professionnelles, précise Jérôme Teïletche, détenteur d’un doctorat en sciences économiques de l’Université de Bordeaux et responsable de l’équipe Cross Asset Solutions chez Unigestion.

« Cette vision du diplôme est malheureusement peu combattue par les milieux universitaires, qui ne communiquent pas assez sur les atouts des formations doctorales pour le privé » abonde Daniel Bretonès, détenteur d’un doctorat en gestion et président de l’ANDESE. Atouts qui se seraient grandement améliorés au fil du temps selon Daniel Bretonès, également chercheur au sein du laboratoire PRISM de l’Université Paris 1, pour qui la mise en place de l’AERES (Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur) en 2006 a permis, grâce à une évaluation nationale uniforme, d’améliorer le contenu des formations doctorales.

A cela s’ajoute, en plus de diversifier les ressources humaines au sein des grandes institutions financières, « un véritable avantage que possède un docteur pour une entreprise: sa précieuse expertise », ajoute Jérôme Teïletche. Cependant, « la valeur ajoutée d’un tel profil dépend de ses expériences professionnelles passées ou en tout cas de son intérêt pour les problèmes appliqués afin d’être opérationnel ». C’est pourquoi Daniel Bretonès et Jérôme Teïletche insistent sur l’intérêt que représentent les thèses CIFRE (Conventions Industrielles de Formation par la Recherche). Ces thèses sont effectuées dans le cadre d’une entreprise et permettent d’allier la recherche académique et la réalité professionnelle. Malgré leur succès, seules 1300 nouvelles conventions CIFRE sont attribuées en moyenne par an, mais les individus qui en profitent présentent par la suite des profils intéressants.

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