Analystes ISR, engagés pour la finance durable

le 08/06/2015

Encore confidentielle il y a quelques années, l'analyse extra-financière est aujourd'hui rentrée dans les moeurs.

Analystes ISR, engagés pour la finance durable

Encore confidentiel il y a quelques années, le métier d’analyste Investissement socialement responsable (ISR) s’est depuis imposé au sein des sociétés de gestion. D’après Aurélie de Barochez, en charge de l’enquête annuelle de Novethic sur l’investissement responsable en France, on compte aujourd’hui une petite centaine d’analystes ISR à Paris. Malgré une augmentation continue des encours soumis à une gestion ISR - en hausse de 26% en 2014 par rapport à 2013 d’après la dernière enquête Novethic réalisée en partenariat avec le Forum de l’investissement responsable – "ce n’est pas un métier en pleine croissance" pour Aurélie de Barochez, "mais qui se développe, de plus en plus accepté par les parties prenantes".

Chez Mirova, la filiale de Natixis spécialisée dans l’investissement responsable, Mathilde Dufour, qui y est analyste ISR depuis 2009, confirme cette analyse. "Nous comptons beaucoup sur la croissance du marché" explique-t-elle, même si il n’y a pas forcément de créations d’emplois de prévu car "il y a assez peu de turnover, c’est un métier de passionnés." Un sentiment partagé par Aurélie de Barochez et Clémence Moullot, analyste-gérante ISR chez Edmond de Rotschild Asset Management (Edram).

Au-delà d’un intérêt poussé pour les thématiques du développement durable, il faut "avoir une grande capacité de synthèse pour décrypter le discours des entreprises" d’après Clémence Moullot, et faire montre "d’un certain esprit critique, d’une capacité à aller au-delà de ce qui est rendu public" pour Aurélie de Barochez. Car en dépit de son développement et de l’intégration de modules ISR au sein de nombreuses formations, "c’est encore un métier récent, en évolution, avec beaucoup d’autoformation" explique Mathilde Dufour.

Si aujourd’hui les profils financiers (diplôme SFAF ou CFA) ne sont pas légion parmi les analystes ISR, qui proviennent d’écoles d’ingénieurs, d’instituts d’études politiques ou d’écoles de commerce, cela pourrait être amené à changer avec l’émergence de postes d’analystes-gérants ISR. Pour Clémence Moullot, qui a rejoint Edram il y a 7 mois, les deux sont complémentaires. "En tant qu’analyste, on dresse une liste de recommandations, sans forcément suivre ce qui se passe dans les fonds. Avec la gestion, on peut suivre une valeur sur le long terme, l’accompagner dans son développement." Toutefois il est nécessaire de disposer d’un profil financier pour prétendre à ce type de poste, car "la décision d’investissement est basée sur les deux analyses, avec un seuil de notation ESG minimal, mais l’entreprise doit aussi être performante du point de vue financier".

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