« Sans financement participatif, nous n’aurions pas pu lancer notre projet »

le 16/06/2014

Ancien banquier, Bruno Lussato a pu créer sa start up en trois mois avec ses deux frères grâce à une somme « record » recueillie sur une plateforme de crowdfunding. Objectif ? Commercialiser un procédé de géolocalisation sans connexion internet.

« Sans financement participatif, nous n’aurions pas pu lancer notre projet »

Comment lever  80.000 euros en trois mois pour financer un projet technologique ? Bruno Lussato, ancien banquier passé par BNP Paribas,  a atteint cet objectif fin avril 2014  avec ses deux frères Hugo et Théo.  Leur secret ?  Le crowdfunding, ce système de financement participatif venu des Etats-Unis qui a fait irruption en France l’an passé seulement. Les trois jeunes entrepreneurs sont parmi les premiers utilisateurs dans l’hexagone de cette manne. «Nous avons effectué la plus importante levée de fonds sur un site de financement participatif français pour une start-up high-tech», proclame Bruno Lussato, ancien élève de l’Edhec. Leur « jeune pousse », baptisée Wistiki, doit leur permettre de commercialiser un système électronique de géolocalisation  sans connexion internet. «Afin de ne plus perdre ses affaires », dit-il. Le procédé repose sur deux piliers : d’une part une puce apposée sur les objets susceptibles d’être égarés, et d’autre part d’une application téléchargée sur un Smartphone et capable d’activer la puce. Wistiki n’est pas la seule offre de ce genre sur le marché. Parmi ses principaux concurrents, on peut également trouver StickNFind et bikn.

« Notre levée de fonds sur la plateforme de crowdfunding a joué le rôle de tremplin pour étoffer notre réseau d’investisseurs et réussir une augmentation de capital », explique Bruno Lussato, qui assure la communication de la nouvelle société. Sa connaissance du monde financier, il commence à la forger dès l’Edhec où il obtient son diplôme en 2013, spécialité management et finance. Bruno Lussato s’envole ensuite pour Singapour où il fait ses premières armes chez  BNP Paribas wealth management, en tant que conseiller en gestion de patrimoine. Au cours de ses études, il  a découvert pendant quelques mois le private equity dans un cabinet d’avocats britannique, Linklaters.

Aujourd’hui  sa formation et son expérience lui sont  essentielles pour passer à un autre stade de sa carrière. Sans culture financière, il n’est pas certain qu’il aurait pensé à l’option crowdfunding. Convaincre des banques de financer Wistiki n’aurait pas été un défi aisé pour les trois jeunes frères, explique Bruno Lussato,  dont le projet n’est pas, comme bien des projets, dénué de risques.  Avec le crowdfunding, les règles du jeu sont différentes. Les épargnants y voient l’occasion d’investir dans des projets dont ils se sentent proches. « Notre choix s’est porté sur la plateforme mymajorcompany, précise l’entrepreneur, cette première étape nous a ouvert les portes d’organismes financiers type business angels, en nous donnant de la visibilité », ajoute t-il.

                                                                                                       

En Amérique du Nord, les montants collectés grâce au crowdfunding ont représenté plus de  3 milliards d’euros l’année dernière, indique le site du ministère des affaires étrangères. En Europe, l’envol du marché est plus tardif, mais l’accélération est sensible. En 2013, 78 millions d’euros ont été collectés dans l’hexagone, selon l’association Financement participatif France, +300% par rapport à 2012. En février 2014,  Fleur Pellerin, l’ancienne ministre de l’économie numérique, a pris une série de mesures destinées à assouplir les obstacles réglementaires qui limitent ce mode de financement. « Tout en restant vigilant sur la protection des consommateurs », avait-elle rassuré.

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