Lyxor et l'Edhec veulent renouveler l'approche de la parité des risques

le 08/10/2013

La société de gestion et le centre de recherche de l'école de commerce créent une chaire consacrée à cette stratégie d'allocation d'actifs.

Illustration: Fotolia

Toute controversée qu’elle soit, la stratégie dite de la parité des risques (Risk parity) dans la gestion d’actifs gagne en visibilité. L'Edhec-Risk Institute, centre de recherche de l'école de commerce, et la société de gestion Lyxor, filiale de la Société Générale, semblent en être convaincus au point qu’ils ont annoncé, lundi 7 octobre,  le lancement pour trois ans d’une chaire de recherche commune dans ce domaine. L'objectif ? Ouvrir la voie à « la prochaine génération de la parité des risques » et proposer « des solutions d’investissement multi-actifs à haut rendement », déclarent les deux parties dans un communiqué conjoint.

« L’approche de la parité du risque influence de nombreuses stratégies d’investissements dans ​​les actions, les obligations et les classes multi-actifs chez Lyxor », explique Thierry Roncalli, responsable de la recherche quantitative chez Lyxor et futur membre du comité scientifique de la chaire. « Etendre  cette approche en prenant en compte les changements économiques et les dynamiques des primes de risque est aujourd'hui un défi pour mieux gérer les portefeuilles multi-asset », ajoute t-il.

Conçue pour la première fois dans les années 60, la « risk parity approach » a pris de l’ampleur dans les premières années du XXIe siècle. Cette démarche se base non pas sur l’allocation de capital mais sur celle du risque pour constituer un portefeuille d’actifs. Dans cette logique, un portefeuille composé à 60% d’actions et 40% d’obligations est peut-être équilibré en termes d’allocation en capital, mais pas en termes de risque. La part des actions y contribue pour près de 90% à la volatilité du portefeuille et c’est, selon cette approche, par rapport à l’évaluation de ce risque que doit s’effectuer le choix des secteurs où investir. « Un investisseur entré sur l'Euro Stoxx 50 le 1er janvier 2000 aura perdu près de 35% de sa mise initiale à fin 2011 en réinvestissant ses dividendes », expliquait en juillet 2012 Philippe Balthazard, gérant Absolute return multi-assets chez Lyxor. « L'intérêt des investisseurs pour les stratégies à performance absolue, moins exposées aux aléas des indices traditionnels, ne manque donc pas.»

D’où la volonté aujourd’hui du gérant de confier à une équipe de chercheurs emmenés par Lionel Martellini, directeur scientifique à l’Edhec-Risk Institute, les travaux sur l’allocation du risque. « Face aux crises récentes, les décisions d’allocation d’actifs constituent la principale source de valeur ajoutée de l’industrie de l’investissement », estime ce dernier dans un communiqué.  Il pourra s’agir de prendre en compte les critiques faites à l’approche de « Risk parity », notamment sur sa sensibilité aux changements des  conditions économiques. Ces critiques visent notamment le recours à l’effet de levier pour contrebalancer un portefeuille trop défensif et le choix de la volatilité comme critère de risque. Un choix qui « exclut de facto des classes d’actifs naturellement volatiles », comme les actions émergentes, jugeait en octobre 2012 Emmanuel Ferry, de la banque de gestion suisse PBS dans une tribune au titre sans équivoque, « l’illusion de la parité des risques ».

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