La crise affecte la formation continue dans les banques

le 27/08/2013

La part de la masse salariale qui lui est consacrée et les effectifs formés ont nettement reculé, selon l’observatoire des métiers de la banque

Agence bancaire dans la ville de Metz. Photo PHB

Les efforts consacrés à la formation dans le secteur bancaire, traditionnel bastion de l’apprentissage en cours de vie professionnelle, se sont affaiblis. Selon les données statistiques recueillis à la fin de l’année 2012 par l’Observatoire des métiers, des qualifications et de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la banque, la part de la masse salariale dédiée à la formation a reculé de 4% à 3,8% entre 2010 et 2012. Toujours selon ces données, recueillies dans les DOM, les POM et les COM auprès des banques membres de l’association française des banques (AFB), la part des salariés ayant bénéficié d’une formation a diminué de 14,8 points, de 79,1% de l’ensemble des effectifs fin 2011 à 64,3% fin 2012. «La banque ne remplit plus son rôle d’ascenseur social», déplore Régis Dos Santos, président du Syndicat national de la banque (SNB) CFE-CGC.

Crise oblige, les banques cherchent coûte que coûte à faire des économies. La formation des salariés, comme d’autres postes de dépense, pâtit de ce contexte peu porteur. Le nombre d’heures de formation par salarié rémunérées par l’employeur a baissé de 3,3 heures sur l’ensemble des établissements observés en 2012 par rapport à 2011, précise le rapport de l’observatoire.

D’autre part, les formations suivies sont de plus en plus spécialisées, ajoute pour sa part Régis Dos Santos. Les groupes privilégient désormais les formations internes pour répondre aux approches «maison». Mais par voie de conséquence, ces formations sont moins diplômantes pour les salariés qui les suivent. Selon l’observatoire, la formation interne a représenté 22,5% de la dépense totale de formation fin 2012 contre 21% fin 2011 au détriment des programmes externes. Celle-ci passe de 18,9% à 18% de la dépense sur la même période.

Cette baisse de régime ne va pas réconcilier la profession avec les jeunes. Les banques les séduisent de moins en moins, constate Régis Dos Santos. On observe une hausse des départs après 2 ou 3 ans au sein de l’établissement vers d’autres secteurs. En cause, un manque de visibilité à long terme.

Ces évolutions surviennent à un moment où l’ensemble du recrutement par les réseaux bancaires faiblit, avec 21.000 embauches en 2012 contre 30.000 en 2011, selon les chiffres publiés fin mai par l’AFB. Corollaire, l’effectif global du secteur bancaire a diminué pour la première fois depuis 2000 de 1,6% en 2012.

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