Les entreprises s’engagent en faveur de l’insertion des universitaires

le 30/04/2013

La charte signée par cinq entreprises et cinq universités françaises prévoit de favoriser le recrutement de jeunes diplômés sur des postes à haut potentiel, mais aussi d'améliorer leur connaissance réciproque.

Les entreprises s’engagent en faveur de l’insertion professionnelle des universitaires. Illustration: Fotolia

Afin d’apporter une réponse concrète au Pacte Nationale pour la Croissance, la Compétitivité, et l’Emploi stipulant que «la formation, l’enseignement supérieur et la recherche sont des leviers de compétitivité futurs», plusieurs entreprises et universités françaises se sont engagées à favoriser le rapprochement entre universitaires et recruteurs à travers la signature de la Charte Universités et Entreprises.

Si l’Université Paris-Est Créteil (UPEC) fait partie des signataires de la charte, son président, Luc Hittinger, tient à rappeler que cet investissement en faveur du rapprochement universitaires/entreprises ne date pas d’hier. «Avec sa très large offre de formation, et environ 3.700 adultes en reprise d’études, l’université est en lien direct avec son territoire et les entreprises. Un certain nombre de conventions avec des entreprises telles que BNP Paribas, Capgemini, ou la Fédération de la vente directe, nous engageant sur l’insertion professionnelle, la formation continue et la recherche, ont déjà été signées par le passé. Avec cette charte, nous souhaitions montrer notre volonté d’aller plus loin», explique-t-il. Convaincu que le grand enjeu des universités est de «faire en sorte que les étudiants puissent s’insérer dans le monde du travail», Luc Hittinger souhaite tout mettre en œuvre pour qu’ils connaissent mieux l’entreprise, et cela passe par la nomination d’un vice-président dédié aux relations universités/entreprises, la mise en place d’un projet d’entrepreneuriat étudiants, et la création d’une Maison de l’innovation et des partenariats.

Anissa Deal, directrice du recrutement chez Accenture, juge elle aussi essentiel de faire progresser la connaissance de l’entreprise par les universitaires. «Nous recrutons chaque année des consultants junior de niveau Bac+5, mais seulement 6% sont issus de l’université. Ces profils sous estiment leur valeur professionnelle et hésitent à postuler au sein de grands groupes réputés élitistes. Or, ces jeunes diplômés sont forces de proposition et habitués à travailler leurs projets en profondeur, ce qui est indispensable dans nos métiers de conseil», estime-t-elle.

Sous l’impulsion de son président Christian Nibourel, le groupe Accenture s’est engagé depuis 2007 sur le terrain de l’insertion professionnelle et est partenaire depuis 2011 des RUE (Rencontres Universités Entreprises). «Le groupe travaille depuis plusieurs années sur la diversification des profils de ses collaborateurs et, grâce à la signature de cette charte, les moyens déjà mis en œuvre vont être accentués », explique la directrice du recrutement. C’est grâce à la U-team, une équipe de collaborateurs qui se rend sur les campus présenter ses métiers, mais aussi accueille, soutient et coach les étudiants lors des portes ouvertes et les sessions de recrutement, que le groupe prévoit de renforcer ses liens avec les universitaires, et de faire passer à 10% le recrutement d’universitaires dans les métiers de conseil en 2013. «Le pôle Relations écoles à été rebaptisé Relations écoles et universités, et un comité de vigilance mensuel a également été crée pour surveiller la bonne tenue de nos objectifs», ajoute-t-elle.

Chez Crédit Agricole SA, également partenaire des RUE, l’engagement en faveur des universitaires est aussi antérieur à la signature de la charte. Pour Sophie Serratrice, responsable marque employeur et recrutement du groupe, elle a cependant vocation à «créer un mouvement d’entrainement et briser les stéréotypes». Si elle reconnait volontiers que «les élèves issus de grandes écoles connaissent mieux le monde de l’entreprise et sont mieux préparés à passer des entretiens», elle constate également que «la révision du processus de recrutement opérée par Crédit Agricole SA permet plus d’ouverture tout en maintenant le niveau d’exigence. Cela a permis de prendre du recul par rapport au cursus en révélant des universitaires aussi performants que les diplômés des grandes écoles ». Outre le recrutement de jeunes diplômés sur des postes à haut potentiel à travers des tests, Crédit Agricole SA est présent sur les forums organisés au sein des campus, et anime des ateliers CV à destination d’universitaires à la recherche de conseils. Les postes en stage et en alternance proposés par le groupe, «tous ouverts aux profils universitaires», leur sont également présentés, «un bon tremplin pour accéder aux offres en CDI, rappelle Sophie Serratrice. Le Groupe Crédit Agricole prévoit de recruter en 2013 4.000 CDI, dont plus de la moitié sont ouverts aux jeunes diplômés de Bac+2 à Bac+5».

Actuellement cinq entreprises (La Poste, Safran, Crédit Agricole, Essilor et Accenture) et cinq Universités (Paris 13, Strasbourg, Aix-Marseille, Toulouse et Paris-Est Créteil) ont signé cette charte qui «reste ouverte à la signature», comme le rappelle Sophie Serratrice, très désireuse de mobiliser le plus possible sur le sujet.

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