L'Institut Louis Bachelier veut mettre la finance au service de l'économie

le 02/10/2012

La "Journée des Chaires", le 3 octobre au palais Brongniart, est l'occasion de présenter aux professionnels de la banque et de l'assurance les derniers travaux de ses équipes de chercheurs sur les grands enjeux contemporains économiques, financiers et sociaux.

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Pour sa troisième édition prévue le 3 octobre, la Journée des Chaires de l’Institut Louis Bachelier (ILB) entend offrir à son public de banquiers, de financiers et d’assureurs le visage d’une certaine finance : « un outil au service de l’économie et de la société », explique André Lévy-Lang, président de l’ILB.  A cette occasion, les chercheurs mobilisés par l’Institut présenteront leurs derniers travaux sur les grands enjeux économiques, financiers et sociaux contemporains comme le financement du développement durable, la régulation, le risque, la retraite ou encore l’énergie.

« L’industrie financière est l’un des atouts de l’économie française, souligne l’ancien patron de Paribas. Elle emploie environ 800.000 personnes et continue globalement d’embaucher. Son avenir repose sur la solidité de nos banques, moins touchées par la crise que celles des autre pays d’Europe,  mais aussi sur la qualité de la formation, de l’enseignement et de la recherche ». C’est précisément à ce niveau que le centre de recherche,  avec l’appui de ses deux fondateurs, l’Institut Europlace de Finance et la Fondation du Risque, entend jouer un rôle moteur.

Ces dernières années, l’ILB a multiplié les initiatives avec « la création d’une trentaine de chaires de recherche en mathématiques, économie et gestion appliquée à la finance, l’ouverture d’un job market de la finance, plusieurs appels d’offres pour soutenir des projets de recherche au-delà des chaires », s’enorgueillit André Lévy-Lang. « Notre modèle de fonctionnement est calqué sur le modèle de sponsored research américain, souligne pour sa part Jean-Michel Beacco, directeur général de l’ILB, ce qui ancre l’institut au cœur des préoccupations des entreprises ». Autre spécificité, « notre fonctionnement en réseau qui nous permet de mobiliser les meilleurs chercheurs où qu’ils se trouvent en France et ailleurs », poursuit-il.  « Une activité de recherche est en général assez solitaire, mais ici, les chercheurs travaillent au cœur d’une organisation. L'ILB met à disposition une infrastructure leur permettant un maximum d’interactions », explique Stéphane Buttigieg,  qui mène de front sa fonction de secrétaire général de l’ILB et l’écriture d’une thèse sur « l’innovation dans le secteur de l’électricité en Europe » à l'Université Paris-Dauphine.  «La recherche que développe l’institut apporte aux entreprises un éclairage sur les grands enjeux auxquels elles doivent faire face mais par sa portée elle intéresse aussi l’ensemble de la collectivité dont les pouvoirs publics. L'objectif reste la production de publications dans les revues académiques d'excellence », dit-il.

En février 2012, ce rôle a été consacré par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche qui a attribué la labellisation « LABEX » (laboratoire d’excellence) à l’ILB pour son projet « Finance et Croissance Durable » à l’issue du concours des « Investissements d’avenir ». L’institut est à présent chargé de piloter ce laboratoire au sein du pôle de compétitivité financier français («Finance Innovation»). Et bénéficie à ce titre du soutien financier des pouvoirs publics et des entreprises, des membres de Paris-Europlace, de la région Ile de France et de l'Autorité des marchés financiers. Au total, « environ 10 millions d’euros par an pour plus de 200 chercheurs», précise Jean-Michel Beacco. « Notre ambition sur les huit prochaines années ? Dessiner les contours d’une finance utile à l’économie et contribuer à développer une industrie financière basée en France », explique le directeur général de l'ILB.  Pour André Lévy-Lang, « l’idéal serait aussi de développer en France l’une des meilleures écoles de finance du monde sur le modèle ce qui se fait en mathématiques ».

L’ILB a organisé sa recherche selon quatre axes : finance et développement durable, finance des transitions démographiques et économiques, risque et régulation, et finance comportementale. Exemple parmi d’autres d’une finance au service du développement durable,  « un produit d’assurance récolte qui permettrait de protéger les agriculteurs contre les aléas climatiques en utilisant la technologie de l’image satellite », indique Jean-Michel Beacco.

Aujourd’hui, grâce aux soutiens dont il dispose, « l’ILB souhaite monter des projets de recherche d’envergure en partenariat avec d’autres grands centres et ainsi encourager le retour de chercheurs partis travailler dans les universités américaines ou anglaises », se réjouit André Lévy-Lang. Pour l’ex-banquier, pas question de renoncer à l’innovation financière quelles que soit les polémiques suscitées par la crise qui a fait trembler l’économie en 2008. «C’est le mauvais usage qui a été fait des innovations financières qui a provoqué des difficultés et non pas les innovations elles-mêmes », plaide le professeur associé émérite à l’Université Paris Dauphine. Il cite notamment l’exemple des produits dérivés, « un outil important qui continuera à rendre service à l’économie. Et ironise, Ce n’est pas parce qu’un avion tombe qu’il faut cesser de faire confiance à l’industrie aéronautique ».

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