Les banques françaises maintiennent une politique d’emploi active

le 22/08/2012

Environ 30.000 recrutements ont été réalisés dans l’ensemble du secteur bancaire français en 2011. Les effectifs ont été ainsi en légère augmentation à +0,4%.

Illustration: Fotolia

Les banques françaises ont poursuivi leur politique de recrutement active en 2011 : le taux d’embauche (pourcentage de recrutements en proportion des effectifs) progresse légèrement à 8,8% (contre 8,3% en 2010), selon l’étude sur l’emploi dans les banques de l’AFB (Association française des banques), ce qui représente 30.000 personnes environ pour l’ensemble du secteur bancaire français. Les effectifs bancaires sont ainsi en légère augmentation à +0,4%. Fin 2011, les banques adhérant à la FBF comptent plus de 370.000 collaborateurs, «ce qui fait du secteur bancaire l’un des premiers employeurs privés en France», estime l’AFB.

Une politique d’emploi qui doit s’adapter aux impératifs prudentiels

Toutefois, la tendance pour le début de l’année 2012 est à la stabilisation, dans un contexte de repli pour certaines activités, notamment dans les métiers de banque de financement et d’investissement. En effet, la régulation financière « post-crise » impose aux banques des changements structurels qui pénalisent ces métiers à travers la mise en œuvre accélérée des nouvelles contraintes en matière de fonds propres réglementaires issues des règles de Bâle 3. En conséquence, les banques adaptent leur modèle économique à ce nouveau contexte. Les incidences sur l’emploi devraient toutefois être limitées pour les réseaux de banque de détail en France. En 2011, ils représentaient d’ailleurs près de 70% des collaborateurs. Parmi eux, 52% occupent des fonctions commerciales, 27% des fonctions de traitement des opérations et 21% travaillent dans des fonctions support.

 

Un recrutement jeune, féminisé et varié

Par ailleurs, les moins de 30 ans représentent 18% de l’ensemble des salariés, mais 43% des cadres recrutés et même la majorité de l’ensemble des recrutements (58,3%). Les banques accueillent ainsi également 8.300 jeunes environ en alternance (contrats d’apprentissage et contrats de professionnalisation), et de nombreux stagiaires écoles.

En outre, en 2011, une candidate est retenue dans plus d’un recrutement sur deux. Aussi, les femmes représentent-elles 56,7% du total des embauches, et 43,2% des embauches de cadres. « Cette politique de parité, menée par les banques depuis plus de 10 ans, leur a permis de remplir en 2010 leur objectif d’un taux de 40% de femmes parmi les cadres, fixé par un accord professionnel sur l’égalité professionnelle entre hommes et femmes », souligne l’association bancaire.

En termes de formation, les salariés embauchés sont en grande majorité des diplômés de l’enseignement supérieur : 46% d’entre eux sont titulaires d’un Bac+4 ou plus, et 40% d’un Bac+2/Bac+3. Plus de 13% des embauches concernent des titulaires d’un Bac ou d’un Bac +1.

Une dynamique d’emploi inégale selon les pays et les activités

Cependant, la dynamique de recrutement bancaire n’est pas mondialement homogène. Premier site mondial d’offres d’emplois en finance, eFinancialCareers a ainsi enregistré en moyenne 8.189 offres par mois au deuxième trimestre 2012, contre 8.041 au premier trimestre, et ce sur l’ensemble des zones couvertes par le site (Etats-Unis, Royaume-Uni, Europe Continentale, Asie-Pacifique et Moyen-Orient). « Malgré cette légère augmentation, le nombre d’offres recensées au 1er juillet 2012 reste très inférieur à celui enregistré à la même date en 2011, puisqu’il marque une chute de 23% », précise le baromètre. Mais certains pays résistent mieux que d’autres à la crise de la zone euro.A l’échelle régionale, l’Europe continentale (-28%) et le Royaume-Uni (-25%) accusent des pertes encore plus importantes. La meilleure progression, 13%, revient au marché de l’emploi financier américain qui semble annuler ses pertes du premier trimestre (-13%) ».

Enfin, la comparaison des seconds trimestres 2011 et 2012 montre que certains métiers réussissent à tirer leur épingle du jeu. A partir des données de l’Europe continentale, eFinancialCareers constate que le secteur du private equity et du capital venture ont bénéficié d’une hausse de 86 % des offres d'emplois et celui de la banque d’affaires de 30 %. À l’inverse, les secteurs qui ont le plus pâti des restructurations en cours sont ceux des produits dérivés/structurés, des marchés actions et des back et middle offices avec respectivement -52 %, -44 % et -43 %.

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