HEC remodèle son MBA pour un leadership responsable

le 28/06/2012

En partenariat avec Bain & Company, qui a réalisé une enquête en amont, l'école de management mettra l'accent sur l'éthique et la dimension entrepreneuriale.

Bernard Garette, directeur délégué du MBA d’HEC Paris. Photo: dr

Une, deux, une, deux… C’est à pas militaire que le MBA d’HEC se renouvelle. Sous l’impulsion de son nouveau partenariat avec Bain & Company, cabinet de conseil en stratégie et management, la refonte de cette formation met désormais l’accent sur l’éthique des managers et sur leur capacité à répondre en leader aux exigences de croissance des sociétés. La formation s’appuiera ainsi sur une approche très pragmatique, avec en particulier un séminaire sur le terrain, en partenariat avec l’école des officiers de Saint Cyr Coëtquidan, qui initiera et conseillera les élèvesen matière de gestion des hommes.Mais surtout, parallèlement aux enseignements fondamentaux tels que la finance, le management, la stratégie et le marketing, le MBA d’HEC insistera particulièrement sur la capacité d’influence du dirigeant qui, à l’instar de dispositifs permettant aux élèves d’évaluer leur rôle au sein de la promotion, permettent à chacun de travailler leur penchant naturel pour le leadership.

Des élèves très majoritairement étrangers

S’adressant à de hauts potentiels (25-35 ans) capitalisant en moyenne six ans d'expérience professionnelle, la formation, d’une durée de 16 mois, accueille chaque année plus de deux cent élèves (sur un total de plus de 2.000 candidats), parmi lesquels 85% d’étrangers, désireux de mettre à profit la forte valeur ajoutée du diplôme. «Ce n’est pas une reconversion mais une réelle transformation», explique Bernard Garette, directeur délégué du MBA d’HEC Paris. Issus de diverses formations (dont un tiers d’ingénieurs), ils partagent une volonté d’atteindre, in fine, des postes de direction générale.

Dés septembre prochain, le MBA proposera un nouveau programme à temps plein ou partiel en collaboration avec Bain & Company, membre de la fondation HEC. Grâce à une collecte de données réalisée auprès de diplômés, de professeurs et de dirigeants, le «curriculum review» du cabinet de conseil en stratégie a ainsi permis à l’école de connaître les nouvelles attentes des entreprises en matière de compétences de leurs collaborateurs. «Le portefeuille de cours se concentrera sur l’approfondissement des connaissances dans des disciplines clés tout en encourageant le développement de compétences liées à l’entrepreneuriat, l’esprit d’équipe et le leadership dans un contexte international», explique son nouveau directeur. Ainsi, la remise à plat des contenus s’est traduite par la définition de quatre pôles centraux : le leadership, la croissance, l’éthique et l’«entrepreneuriat».

 

Les demandes des entreprises prises en compte

Les impératifs de croissance tiendront ainsi une place déterminante dans les programmes. Pour Bernard Garette, «il s’agit de trouver de nouvelles voies de croissance pour les entreprises : trouver le next billion customers». L’innovation doit ainsi être tournée vers le développement de nouveaux marchés, la découverte de nouveaux secteurs. Cette problématique se retrouvera également dans la dimension entrepreneuriale du MBA, qui encourage les étudiants à sortir des sentiers battus. Aussi, l’initiative d’excellence de la plaine de Saclay qui regroupera les universités Paris-11 Sud-Orsay et Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, ainsi que dix grandes écoles (Agro ParisTech, Centrale Paris, ENS Cachan, Polytechnique, ENSAE ParisTech, ENSTA ParisTech, HEC, Institut Télécom, Institut d'optique, Supélec) constituera une bonne opportunité de mettre à profit de nombreux partenariats synergiques. Par ailleurs, «à la demande des entreprises, notre MBA s’est tourné vers la formation d’un leadership résolument plus responsable afin que les étudiants puissent prendre en compte les conséquences non économiques de leurs décisions», ajoute le professeur. Face aux dérives du capitalisme financier actuel, les nouvelles orientations mettent en exergue le caractère essentiel de l’éthique en entreprise à travers les enseignements d’«éthique et de responsabilité sociale» dispensés dés la première année.

C’est ainsi que la refonte du MBA participera incontestablement au rayonnement de l’école qui cherche à rivaliser avec ses homologues américaines. «HEC Paris a pour ambition d’être un leader mondial de l’enseignement supérieur du management capable de s’adapter à un monde des affaires en évolution constante», déclare Bernard Ramanantsoa, directeur général d’HEC Paris.

D’un montant de 48.000 euros, les frais pédagogiques du MBA s’accompagnent de frais additionnels (repas, logement, transport) pouvant aller jusqu'à 17.000 euros. Un système de bourses, sur critères de mérite ou sur critères sociaux, permet d’aider les participants à financer leurs études, grâce à l'appui de la Fondation HEC.

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