Evariste Lefeuvre, chef économiste Amérique du Nord de Natixis

le 06/03/2012

On ne peut pas être économiste sans réfléchir aux interactions entre l’économie et les marchés

Evariste Lefeuvre. Photo: dr.

Evariste Lefeuvre a traversé l’Atlantique en janvier 2010 afin de piloter la recherche économique Amérique du Nord de Natixis. Le talent n’attendant pas le nombre des années, il avait déjà pris à 30 ans à peine, en 2003, la fonction d’adjoint de Patrick Artus, le chef économiste de la banque d’investissement, puis en complément, de responsable de l’équipe global macro, supervisant les stratégies taux, change, actions et matières premières. Normalien, c’est un pur produit de la maison, économiste US à CDC Marchés à ses débuts.

Désormais il est donc le porte-parole de la recherche de Natixis à New York et le patron de cette activité pour la zone Amérique. «Je présente à nos clients américains les scénarios que nos élaborons pour l’Amérique mais aussi les scénarios de Natixis pour l’Europe et j’accompagne parfois un commercial de la banque, précise Evariste Lefeuvre. En outre, je développe un réseau de contacts locaux, banquiers centraux, universitaires, chercheurs et journalistes, car connaître les bons interlocuteurs permet de faire les bons diagnostiques». Le métier d’économiste tel qu’il le pratique est donc un métier de dossier mais aussi de communication. «Certains membres de nos équipes ont l’une ou l’autre de ces qualités, et les deux sont valorisées. Au cours de mes dix ans de collaboration avec Patrick Artus, j’ai beaucoup apprécié sa manière d’appréhender l’économie, une combinaison de discussions sérieuses et approfondies et une capacité à expliquer avec des mots simples» se réjouit Evariste Lefeuvre.

En outre savoir appréhender des sujets de plus en plus financiers est devenu primordiale ces dernières années. «Les fonctions étaient plutôt cloisonnées dans les années 90, avec une répartition par pays et par secteur. Depuis l’avènement de la crise, on ne peut pas être économiste sans réfléchir aux interactions entre l’économie, les marchés, la finance ou en négligeant l’analyse technique» constate-t-il. Une évolution qui nécessite de développer de nouvelles expertises afin d’échanger avec des opérateurs de marchés, comprendre leur langage. Des atouts qui permettent de «gagner en crédibilité» au sein d’une banque d’investissement.

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