Mounir Chahine, analyste fusions-acquisitions chez JPMorgan à Londres

le 24/02/2012

Des rives de Tripoli l’aromatique à celles de la Tamise

Mounir Chahine ne manifeste aucune nostalgie.  Le Liban,  son pays d’origine, a certes offert un somptueux décor à  son  enfance. Mais celle-ci  a été placée dès le départ  sous le signe de l’ouverture au monde et de l’expatriation. Et dicte aujourd’hui ses  choix professionnels. Ainsi, l’été 2011, à 23 ans, à peine son diplôme de HEC en poche, il commence une carrière d’analyste Fusions Acquisitions chez JPMorgan, la grande banque américaine, où ses toutes nouvelles responsabilités l’ont d’abord conduit à New York pour quelques mois, avant  Londres… en attendant d’autres destinations. Un choix qui ne doit rien au hasard : « J’ai choisi JPMorgan car je sais que je pourrai changer de poste sans pour autant devoir changer de société », dit-il.

Car pour  Mounir Chahine, nomadisme professionnel peut se conjuguer avec fidélité à la communauté de travail. « Mes parents avaient dans le quartier commerçant de Tripoli une boutique de tissus et, enfant, je passais la plupart de mes week-end à ranger des rouleaux de textile, se souvient-il. Nous devions aussi souvent nous rendre en Roumanie pour rencontrer nos fournisseurs. » Cette expérience l’initie très tôt à l’esprit d’entreprise tout en faisant de la solidarité familiale une évidence. « J’avais une dizaine d’années, mais on me traitait comme un adulte », précise-t-il. S’il a parfois le souvenir d’une enfance écourtée, Mounir admet volontiers qu’elle lui a donné avant l’heure le sens des responsabilités et a accéléré sa maturité.

C’est aussi dans ce contexte qu’il fait l’apprentissage d’une certaine éthique de l’entrepreneuriat : « On ne s’arrête jamais», sourit-il. Il poursuit sa scolarité au Lycée français de Tripoli, toujours dans le peloton de tête.  Bac S en poche à 16 ans, Mounir doit s’arracher des rives ensoleillées de Tripoli l’aromatique et de la boutique familiale pour gagner Paris où il est admis à Louis Le Grand, l’une des meilleures prépa économiques et commerciales de France.

Des efforts aujourd’hui récompensés : « Chez JPMorgan, les deals que nous traitons représentent en moyenne 1 milliard de dollars, en tout cas jamais moins de 600 millions. »  Et « concernant les clients de grandes capitalisation, plusieurs centaines de millions à plusieurs milliards de dollars à chaque fois ».  La crise ? « Nous la surmontons car JPMorgan est une banque universelle et combine toute la palette d’activités, depuis la banque de détail aux Etats-Unis jusqu’au conseil, en passant par la gestion de fonds, l’investment banking», égrène-t-il. Une diversité qui le comble : « J’ai le sentiment d’appartenir à un groupe. »

LC

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