Bonus : les banques affichent plus de sobriété

le 09/02/2012

Sous la pression des régulateurs mobilisés par le G20, certaines grandes banques internationales affichent leur intention de discipliner le régime des bonus, se conformant ainsi à la directive CRD 3 encadrant, en Europe, le paiement de cette forme de rémunération. Deutsche Bank, Crédit Suisse, UBS,  BNP Paribas, Société générale, Goldman Sachs ont fait assaut d’annonces vertueuses sur cette question devenue emblématique des dérives de la finance.

Aux Etats-Unis, les salariés des banques ont été prévenus depuis plusieurs mois que leurs bonus seraient amputés de 30 % à 40 %, pour atteindre leur plus bas niveau depuis 2002. Mais ces efforts spectaculaires doivent être nuancés. Les collaborateurs qui sont embauchés  depuis peu dans le secteur bancaire ne comptent plus sur des bonus généreux mais réclament des salaires fixes plus élevés. Par ailleurs la baisse des bonus vise surtout le middle management, moins quelques professionnels considérés comme des stars.

En France, les professionnels du secteur s’attendent à ce que leurs bonus 2012 (au titre de 2011) soient  plus modestes qu’à l’accoutumée, selon un sondage mené par eFinancialCareers entre fin novembre et début décembre 2011. Près d'un tiers redoute une baisse. Et  53 % prévoient une diminution de leurs rémunérations variables au cours des trois prochaines années.

Même la City n’échappe pas à la cure de désintoxication. A l'approche de la traditionnelle saison des bonus, le Trésor britannique a lancé une consultation sur des annonces promises lors de la signature du «projet Merlin» en février dernier. Au centre de ces propositions,  l'obligation pour les plus grands établissements bancaires de faire publicité, à compter de 2012, de la rémunération allouée à huit de leurs principaux cadres hors membres du conseil d'administration. 

En 2009, le Conseil de stabilité financière (CSF), qui avait édicté des principes de rémunération pour les institutions financières lors du G20 d’avril de la même année,  a écarté le plafonnement direct des bonus. Mais il avait prévu que les « institutions financières significatives » n’octroient pas de rémunérations variables qui puissent menacer « leur capacité à renforcer leur base de capital ».

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