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Affaiblis, Alcatel-Lucent et Nokia jouent la fusion

Affaiblis, Alcatel-Lucent et Nokia jouent la fusion

Après avoir traversé chacun de leur côté des années difficiles, l'équipementier télécom français Alcatel-Lucent et son concurrent finlandais Nokia ont cherché leur salut dans une fusion, mi avril. Le durcissement de la concurrence internationale, du fait notamment de l'entrée en scène des équipementiers chinois, a mis les groupes occidentaux sous pression.

L'équipementier français, connu alors sous le nom d'Alcatel, ne s'est jamais vraiment relevé de la bulle internet de l'année 2000. En février 2013, son actuel directeur général, Michel Combes, ancien dirigeant de France Télécom et de Vodafone, avait accepté de relever le défi du redressement du groupe français. Alcatel-Lucent, était encore présent sur tous les segments des télécoms (fixe, mobile et réseaux IP). Depuis 2006 lors de la fusion d'Alcatel avec Lucent, le groupe franco-américain a multiplié les mesures de réduction de coût, engageant 2,7 milliards d'euros de plans d'économies cumulés et supprimant près de 20.000 postes. En juin 2013, les dirigeants du groupe ont mis en oeuvre le plan Shift qui prévoyait 1 milliard d'euros d'économies entre 2013 et 2015 et la suppression de 10.000 postes dans le monde.

De son côté Nokia Siemens Networks (NSN), dont la taille en chiffres d'affaires est équivalente au Français, a fait le choix de concentrer ses forces sur les équipements pour les opérateurs mobiles. Une stratégie douloureuse sur le plan social (17.000 suppressions d'emplois dans le monde), mais économiquement payante. NSN affichait un taux de marge brute de 36% fin 2012, soit 5,4 points de plus qu'Alcatel-Lucent. En avril 2014, Microsoft a finalisé un accord sur le rachat de des activités de combinés et de services à hauteur de 5,4 milliards d'euros, annoncé en septembre 2013.