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Le scandale Volkswagen fait tache d'huile

Le scandale Volkswagen fait tache d'huile

Le scandale des logiciels mis en place par Volkswagen pour déjouer les tests d'émission de ses modèles diesel va t-il fragiliser l'avenir du fabricant allemand ? Depuis qu'a éclaté l'affaire, le 21 septembre 2015, le titre s'est effondré en bourse et des milliards de dollars sont partis en ... fumée. L'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) menace Volkswagen de 18 milliards de dollars d'amendes. Le 23 septembre, l'agence de notation Fitch a placé sous surveillance avec implication négative la note à long terme "A" du constructeur. Le même jour, le patron du fabricant, Martin Winterkorn, a fait annoncer sa démission. Pire, le doute s'étend à d'autres constructeurs automobiles. 

L'affaire est née il y a deux ans, lors qu'un groupe de recherche indépendant, l’International Council for Clean Transportation (ICCT),  a engagé des scientifiques de l’université de Virginie-Occidentale pour tester des voitures à moteur diesel. L’ONG pensait alors conclure que les voitures diesel vendues aux Etats-Unis étaient moins polluantes du fait des normes. Mais c'est à une tout autre conclusion qu'ils sont parvenus. 

Concenant le fabricant Volkswagen, les niveaux d’émissions d’oxyde d’azote (Nox) se sont révélés bien plus élevés que le plafond légal. L’équipe de recherche a alerté l’EPA et le California Air Ressources Board (Carb) qui a ouvert « une enquête et des discussions » avec Volkswagen en 2014. Alléguant des problèmes techniques, le groupe allemand décide, en décembre, de rappeler toutes ses voitures diesel aux Etats-Unis produites entre 2009 et 2014. Mais forts d'une nouvelle analyse, l’EPA et le Carb finissent par menacer de retirer leur certification aux modèles diesel 2016 du constructeur allemand contraint de revoir sa version des faits, début septembre. 

Depuis, plusieurs pays dont la France veulent lancer des enquêtes, avec à la clé de possibles nouvelles amendes. D'autant que l'ONG européenne Transport & Environment (T&E), laisse entendre que le scandale Volkswagen n'est que «le sommet de l'iceberg».