La chronique de l'actualité

Une fusion-acquisition peut en cacher une autre

le 10/05/2019

Olivier Pinaud

Dans une fusion-acquisition, les vrais gagnants se trouvent parfois sur le bord du terrain. Alors qu’Occidental Petroleum a désormais la voie libre pour acheter son concurrent Anadorko, pour la modique somme de 38 milliards de dollars, c’est Total qui se frotte les mains.

Le groupe français va profiter de la fusion des deux producteurs américains de pétrole et de gaz de schiste pour récupérer les actifs africains d’Anadarko. Un portefeuille qui colle parfaitement avec les positions de Total en Afrique. La major française va renforcer son statut de deuxième producteur de pétrole et de gaz sur le continent africain. Total met notamment la main sur une participation importante au capital de Mozambique LNG, le champ de gaz naturel le plus prometteur de l’Est africain.

Un peu juste financièrement, Occidental avait besoin de trouver du cash pour assurer le financement de son OPA sur Anadarko. Total le savait. Le groupe français a su élaborer en quelques jours une offre pour soulager son partenaire. Un service rendu qui se retrouve dans le prix de vente : les 8,8 milliards de dollars payés par Total pour ces actifs africains sont jugés relativement bon marché.

Ces cessions par ricochet sont et seront de plus en courantes. Hier, Novartis a d’ailleurs annoncé l’acquisition d’actifs ophtalmiques prometteurs au japonais Takeda, lui-même engagé dans la plus importante acquisition de son histoire avec le britannique Shire.

Ces cessions de deuxième main permettent de soulager financièrement l’acquéreur, ses actionnaires et ses prêteurs, et de rendre plus sûre la réussite de l’acquisition. Elles permettent aussi d’apaiser en amont les autorités de la concurrence, qui exigent souvent des cessions d’actifs pour garantir un certain degré de compétitivité dans le secteur concerné.

Les opportunistes du M&A n’ont plus qu’à tendre les bras.

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