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Ford et Jaguar tracent la route pour le secteur automobile

le 11/01/2019

Alexandre Garabedian,

Après une année terrible à bien des égards pour le secteur automobile européen, l’heure est aux mesures radicales en ce début 2019. Ford et Jaguar Land Rover ont tous deux annoncé jeudi des milliers de suppressions de postes. Le constructeur américain, qui n’a pas encore chiffré les conséquences sociales de ce plan d’économies, veut redresser ses activités en Europe, aujourd’hui déficitaires. C’est dans ce cadre qu’il compte arrêter la production de boîtes de vitesse dans son usine de Blanquefort en France. Chez Jaguar Land Rover, 4.500 salariés, soit 10% des effectifs, seront sacrifiés pour permettre au constructeur britannique de retrouver le chemin des bénéfices.

Il est difficile de ne pas voir dans ces annonces le début d’un vaste mouvement de restructuration. Les maux de l’industrie automobile sont connus : des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine jusqu’aux perspectives d’un Brexit dur, tout concourt à faire ralentir la demande mondiale. Plus fondamentalement, les constructeurs doivent aujourd’hui faire face au plongeon du diesel et investir lourdement dans la production de véhicules moins polluants, électriques et autonomes. Il y a 18 mois, l’institut allemand Ifo estimait à 600.000 le nombre d’emplois menacés outre-Rhin par la disparition du moteur à combustion à l’horizon 2030.

Ces sombres perspectives ont déjà fait plonger de 28% l’an dernier en bourse les constructeurs et les équipementiers européens. L’automobile a signé la pire performance sectorielle à égalité avec les banques. A ces niveaux de prix, les investisseurs reviennent à l’achat, puisque l’indice Stoxx 600 Auto rebondit de 6% depuis le 1er janvier. Une trêve définitive entre les Etats-Unis et la Chine redonnerait des couleurs au secteur en bourse. Un pari de court terme. Si l’administration Trump s’accorde avec Pékin comme elle semble aujourd’hui l’indiquer, il y a fort à parier que Washington concentrera alors ses attaques sur ses importations d’automobiles européennes, et notamment allemandes, un gros poste du déficit commercial américain vis-à-vis de l’Europe.

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