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Free joue gros avec sa nouvelle Freebox

le 03/12/2018

Olivier Pinaud

Free joue gros avec sa nouvelle Freebox

La magie Xavier Niel opère-t-elle encore ? Le co-fondateur et premier actionnaire de Free aura la réponse le 4 décembre. L’opérateur de télécoms présentera ce jour-là sa nouvelle Freebox, la septième du genre. Le rendez-vous est crucial. Car des spécificités techniques du nouveau boîtier et des services associés dépendent une grande partie de la croissance future de l’opérateur.

Le modèle d’innovation de Free s’est assoupi ces dernières années. Le groupe n’a plus surpris les consommateurs français depuis le lancement début 2012 de son offre mobile. La Freebox actuelle date de 2010 et elle a perdu de son pouvoir d’attraction. Pour la première fois de son histoire, Free a perdu des clients dans le fixe cette année. Un affront pour un groupe qui a inventé le triple play.

Cette perte de vitesse est dangereuse financièrement pour Iliad, la maison-mère de Free. Avec des marges de près de 50%, le fixe en France a toujours été la vache à lait du groupe. Sans sa base d’abonnés Freebox, Iliad n’aurait pas réussi à financer aussi facilement son déploiement dans le mobile en France. Avec un ratio d’endettement de 1,4 fois l’Ebitda, Iliad est sans conteste l’opérateur télécoms le moins endetté d’Europe, voire du monde.

Or, aujourd’hui, Iliad est confronté à deux chantiers extrêmement coûteux.

Un, le déploiement de la fibre optique en France. Si elle est la conséquence de la stratégie financière d’Altice, quatre fois plus endetté qu’Iliad, la vente partielle du réseau de SFR à des investisseurs financiers montre à quel point le déploiement d’un réseau de fibre optique est consommateurs de capitaux. On parle ici d’une poignée de milliards d’euros.

Deuxième chantier coûteux pour Free : le déploiement en Italie. Les consommateurs sont au rendez-vous, mais la filiale va brûler plusieurs centaines de millions d’euros avant d’atteindre le point d’équilibre.

Face à ces doutes, Iliad a perdu 40% de sa valeur en un an et une grande partie de la prime dont il bénéficiait par rapport à tous ses comparables. Un flop de la nouvelle Freebox V7 ferait définitivement rentrer Free dans les rangs.

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