La chronique de l'actualité

Trop de questions sans réponse exigent sans délai un Pdg chez Air France

le 26/06/2018

Philippe Mudry

Le conseil d’administration d’Air France-KLM se réunit mardi et mercredi. C’est l’occasion pour lui de donner un nouveau Pdg à l’entreprise.

Compte tenu de la déjà longue vacance de ce poste crucial et du nombre élevé de questions stratégiques majeures qui demeurent sans réponse, elle ne devrait pas être manquée.

Citons-en quelques-unes qui suffisent à s’en convaincre. Toutes concernent au premier chef la puissance publique qui, rappelons-le, demeure le premier actionnaire avec 14% du capital.

Or son silence sur ses sujets est tout sauf glorieux, ne serait-ce que parce qu’il laisse le monopole du discours aux champions du corporatisme le plus étroit.

On vient encore de la constater avec le tir de barrage déclenché contre le seul candidat dont le nom lui a été, fort opportunément, jeté en pâture dans la presse.

Quelles leçons tirer du récent conflit social qui a débouché sur le départ du Pdg précédent ? Et sur quelles bases refonder un dialogue social que le ministre de l’Economie Bruno Le Maire juge « au point mort » ?

Une autre question s’en suit immédiatement : la présence de l’Etat au capital, critiquée par les parties prenantes pour le levier qu’elle donne aux exigences corporatives, doit-elle cesser ?

Quelle est la position de fond de l’Etat sur son maintien au capital ? Sa participation est-elle stratégique ou non ?

Dans le cas d’une cession, quel sort réserver à la proposition insistante d’Accor de racheter les 14% de l’Etat pour nouer avec Air France-KLM un partenariat qui constitue, qu’il séduise ou non, une voie stratégique inattendue pour le transporteur aérien.

Là encore, la puissance publique n’a pris aucune position de principe en dépit du sérieux de l’ouverture du groupe hôtelier.

Enfin, le modèle de gouvernance d’Air France-KLM est à bout de souffle. L’exaspération de la partie néerlandaise sur le sujet n’a rien pour surprendre, et le schéma de rééquilibrage qu’elle pousse pour aller vers une vraie parité est logique.

Là encore, Paris doit sortir du bois, en contribuant à la nomination d’un Pdg aux idées et à la feuille de route claires.

Est-il quelqu’un dans l’Etat qui soit en mesure de la lui donner ?

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