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Silvio Berlusconi contrecarre les plans de Vincent Bolloré

le 04/04/2018

Alexandre Garabedian

Les caïmans ont le cuir épais, et Silvio Berlusconi, dont c’est l’un des surnoms, le prouve une fois encore. En nouant une alliance surprise avec le groupe Sky à la veille de Pâques, l’homme d’affaires dresse une nouvelle barricade sur la route de Vincent Bolloré et Vivendi en Italie.

Aux termes de l’accord, Mediaset pourra diffuser certaines chaînes de sa filiale de télévision payante, Mediaset Premium, auprès des abonnés de Sky Italia, le numéro un du secteur. En retour, la filiale de l’empire Murdoch aura la capacité de recruter ses abonnés par le biais de la plate-forme numérique de son partenaire. Mediaset dispose en outre d’une option pour céder le contrôle des actifs opérationnels et techniques de Sky Italia à la fin de l’année. Bref, les deux groupes ont posé les jalons d’une alliance plus vaste.

Les investisseurs ont plébiscité mardi l’action Mediaset, et pour cause : si ces premières approches se concrétisent et passent l’obstacle de l’antitrust, l’italien et le britannique mettraient fin à leur coûteuse bataille pour les contenus payants dans la Péninsule, tels que les droits sportifs. Une lutte dont Mediaset Premium est le grand perdant, accumulant les pertes.

L’accord avec Sky affaiblit Vincent Bolloré dans son bras de fer avec le clan Berlusconi. Le contentieux entre les deux camps date de 2016, depuis que Vivendi, deuxième actionnaire de Mediaset avec 29% du capital, a renoncé à racheter la filiale Premium. L’influence de Silvio Berlusconi se ferait aussi sentir dans le dossier Telecom Italia, l’autre front ouvert par Vincent Bolloré dans sa campagne d’Italie de Vincent Bolloré. Le fonds activiste Elliott, qui conteste le poids de Vivendi chez l’opérateur télécom, a en effet aidé le Cavaliere à vendre son club de football, le Milan AC.

Mais si Vincent Bolloré devait échouer à bâtir un Netflix européen à partir de la Péninsule, il pourrait malgré tout réaliser, comme souvent, une belle opération patrimoniale. La plus-value dégagée le mois dernier chez Ubisoft en témoigne.

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