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Casino n’a pas que des raisons commerciales de s’allier à Amazon

le 28/03/2018

Philippe Mudry

Casino a fait son choix : le groupe présidé par Jean-Charles Naouri aidera le géant américain Amazon à tisser sa toile en France.

Pour l’heure, c’est au niveau de sa filiale Monoprix que le groupe stéphanois a choisi d’ouvrir à son partenaire la porte du marché alimentaire français, acceptant d’en faire le fournisseur du service Prime Now de l’Américain.

Ce pas est déjà significatif pour Casino, d’autant qu’en cas de succès, l’accord pourrait être élargi à toute la France.

Il vient compléter un autre mouvement tout récent, encore au niveau de Monoprix qui vient de s’allier au site de e-commerce alimentaire britannique Ocado.

La Bourse a apprécié le mouvement, le cours de Casino bondissant de plus de 4%.

Tant mieux : car si un sujet est plus que tout autre urgent pour Jean-Charles Naouri, c’est de rehausser le cours des différents étages de sa cascade cotée qui ploie sous une dette excessive.

Depuis le 1er janvier, Casino a déjà perdu pour cause de résultats décevants plus de 20%, alors que son indice de référence, le Stoxx 600 retail, n’a reculé que de 7%.

Rallye, sa holding de contrôle à 51%, a perdu environ autant, si bien que son actif ne dépasse pas 2,5 milliards pour une dette brute de près de 3 milliards.

Les deux cours se rapprochent de leurs plus bas niveaux historiques, dont l’activiste Muddy Waters avait profité fin 2015 pour s’imposer chez Casino avec la brutalité que l’on sait.

Dès lors, faire remonter les cours et jouer avec doigté sur les flux de dividendes entre ses structures cotées pour couvrir les frais financiers reste un impératif catégorique pour Jean-Charles Naouri.

Si l’accord avec Amazon peut donner à la valeur un caractère spéculatif, il ne s’en plaindra pas.

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