La chronique de l'actualité

Facebook n’échappera pas à une révision complète de son modèle

le 27/03/2018

Philippe Mudry

L’affaire du transfert massif de données utilisées par le consultant politique Cambridge Analytica ne risque pas seulement de valoir à Facebook le titre peu glorieux de « réseau antisocial ». Il pourrait surtout lui coûter son modèle économique.

Logiquement, le groupe a dû encaisser hier l’ouverture d’une cascade d’enquêtes de régulateurs, au prix d’un nouveau recul de son cours de Bourse.

La Federal Trade Commission, chargée de la protection des consommateurs aux Etats-Unis, et la Justice allemande veulent faire la lumière sur le même sujet :  comment Facebook gère-t-il les données de ses innombrables utilisateurs ?

Si les faits qui lui valent ses déboires sont récents, en lien avec la campagne de Donald Trump, la racine du mal est ancienne.

Elle remonte à 2007, quand il a autorisé les innombrables applications intéressées par ses données à leur utiliser. Cette décision a été capitale pour son succès publicitaire, mais en faisant bon marché de la vie privée de ses utilisateurs, Facebook a pris un risque potentiellement mortel.

Réalisant que ses règles prohibant la revente de données étaient violées, Facebook a certes durci en 2015 leur accès aux intérêts extérieurs et s’en est tenu là.

Or il a dû constater que celles récoltées avant ce coup d’arrêt peuvent toujours voyager.

Pour enrayer la crise de confiance qui lui coûte une fuite de ses utilisateurs et annonceurs, sans parler des investisseurs, il va lancer une revue extensive et coûteuse des milliers d’applications utilisatrices de ses données.

Dans quel état ses relations avec ces relais cruciaux de son succès en sortiront-elles ? La question vaut des centaines de milliards de dollars. Mais son patron Mark Zuckerberg n’a pas le choix.

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