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A la Bourse de Paris, réussir son IPO ne doit pas cette année être le seul objectif

le 29/01/2018

Philippe Mudry

Les introductions reprennent à la Bourse de Paris : l’équipementier automobile Novarès a déposé son document de base auprès de l’AMF pour intégrer la cote le mois prochain.

Pour cette valeur comme pour les autres candidats à la cotation, réussir son IPO ne doit pas être le seul objectif ; soigner son parcours boursier post-IPO est aussi important.

A priori, la première épreuve devrait être franchie avec succès par Novarès. Le temps est loin où le plasticien, frappé par la crise sectorielle de 2008-2009, était au bord de la faillite.

Repris par le fonds de capital investissement Equistone puis rapproché de l’américain Key Plastics, le groupe prévoit des ventes comprises entre 1,2 et 1,25 milliard d'euros en 2018 pour un excédent brut d’exploitation ajusté de 10%.

Ensuite cette société, qui devrait capitaliser autour d’un milliard, compte profiter de son IPO pour augmenter son capital de 130 à 150 millions pour réaliser des acquisitions de taille modérée en Europe, tout en disposant d’un partenariat solide en Chine.

Si le prix est décent, l’opération devrait plaire aux investisseurs.

Mais ceux-ci seront regardant aussi sur l’après-IPO, car l’an dernier, ils ont connu trop de déceptions.

Si le nombre d’introductions a crû de 40% par rapport à 2016, les 12 entreprises nouvelles venues sur les marchés réglementés d'Euronext ont perdu en moyenne 4,9 %, selon une étude du cabinet Allegra Finance.

Et pour les 10 sociétés ayant choisi d’entrer sur le marché Euronext Growth, réservé aux valeurs plus petites, la contre-performance atteint -8,2 %.

Avis aux professionnels concernés : les investisseurs sont échaudés. Le tonus du marché des IPO dépendra aussi du bon sens des vendeurs et de leurs conseils.

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