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L’Europe cherche encore ses « titans » numériques

le 10/11/2017

Philippe Mudry

Philippe Mudry

Pour ambitieuses que soient ses start-ups, l’Europe n’a pas encore vu émerger ses « titans » numériques en leur sein ; entendez celle qui, nées après l’an 2000, sont déjà valorisées plus de 50 milliards de dollars.

Or selon la banque d’affaires GP Bullhound, spécialisée dans la technologie, l’Amérique en compte trois - Facebook, Uber et Tesla – et la Chine trois - Baidu, Ant Financial et le vétéciste Didi Chuxing.

Sur les 57 « licornes » européennes recensées par la banque, trois dépassent la barre de 10 milliards de dollars de valorisation : Spotify, leader mondial du streaming musical, Zalando, distributeur en ligne allemand de vêtements, et Supercell, concepteur finlandais de jeux vidéo.

Sur le podium des pays les plus avancés, la Grande-Bretagne précède la Suède et l’Allemagne, puis la Finlande, la Russie et enfin la France.

Celle-ci ne compte que trois champions nationaux, Criteo, 15ème, Ventes Privées 19ème et BlaBlaCar 30ème. OVH manque à l’appel pour être née un an trop tôt…

Loin de souffrir d’un retard technologique, l’Europe paye plutôt sa fragmentation.

La taille de ses marchés nationaux n’approche pas celle des Etats-Unis ou de la Chine, ce qui oblige ses licornes à des acquisitions nombreuses et coûteuses pour croître.

Et l’Europe ne dispose pas de marchés de capitaux comparables. En moyenne, les trois leaders européens ont levé 1,8 milliard de dollars, les trois « titans » américain 5,4 et leurs trois rivaux chinois 6,8.

Alors où sont les futurs « titans » européens ? L’étude en cite 5, Spotify, Farfetch, Klarna, Supercell et Unity.

Mais la route sera longue : aux multiples de valorisation actuels, il faudra que Spotify multiplie son chiffre d’affaires par 3,8 pour y parvenir.

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