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Broadcom lance sur Qualcomm la première vraie OPA de l’ère Trump

le 07/11/2017

Philippe Mudry

Philippe Mudry

Obsédé par la trace que son mandat laissera dans le monde américain des affaires, Donald Trump inscrira sans doute la date du 6 novembre 2017 sur la liste encore bien courte de ses victoires.

Car l’offensive de Broadcom sur Qualcomm s’explique largement par la volonté opportuniste du premier de profiter de la philosophie économique qui inspire le locataire de la Maison-Blanche.

Elle peut pour cette raison être qualifiée de première vraie OPA de l’ère Trump.

Le Pdg de Broadcom, Hock Tan, un Malaisien de naissance, a précédé l’annonce de son OPA par une visite jeudi au Président, au cours de laquelle il a annoncé sa décision de rapatrier le siège de l’entreprise aux Etats-Unis.

Celle-ci, américaine à l’origine, avait été délocalisée l’an dernier à Singapour, à la suite d’une autre OPA, pour des raisons fiscales.

Ce faisant, il comble les vœux du président, enchanté de voir revenir un siège social mais aussi de constater de premiers effets heureux de sa réforme fiscale, censée être à l’origine de la décision de Broadcom.

Surtout, du même coup, Hock Tan se rouvre habilement la voie des opérations financières aux Etats-Unis, qui lui était fermée du fait de sa délocalisation.

Son acquisition d’un petit fabricant de puces, Brocade, y est bloquée depuis plus d’un an et demi par le Comité pour l'investissement étranger pour des raisons de sécurité nationale.

Après son « show » du salon ovale, il peut désormais espérer voir se lever la barrière politique non seulement pour Brocade mais surtout pour Qualcomm.

Pour tous les étrangers, la leçon est claire : pour investir dans la technologie aux Etats-Unis sous l’ère Trump, mieux vaudra surtout éviter de porter un dossard qui ne soit pas américain.

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