La chronique de l'actualité

Les milieux d’affaires clament l’urgence d’une clarification sur le Brexit

le 18/10/2017

Philippe Mudry

Philippe Mudry

En quelques jours, l’horizon du Brexit a viré du gris au noir.

Non seulement l’impasse politique en Grande-Bretagne a empêché Londres de lever avec Bruxelles le verrou budgétaire qui bloque le dossier, mais encore les chiffres économiques se dégradent rapidement.

En visite à Bruxelles lundi, Theresa May s’est heurtée à un mur franco-allemand.

Paris et Berlin restent déterminés à faire du règlement des engagements budgétaires britanniques un préalable aux négociations sur la suite, notamment la période transitoire qui suivra l’échéance de la négociation en mars 2019, cruciale pour assurer un Brexit ordonné.

Sans avancée sur le sujet à Londres, les chances d’une percée diplomatique lors du Sommet européen de demain et jeudi sont nulles.

L’ambiance est d’autant plus lugubre que les indicateurs conjoncturels plongent. L’un des plus préoccupants concerne l’inflation, à 3% sur un an en septembre pour un objectif de 2%.

A son plus haut niveau depuis 5 ans, elle justifierait que la Banque d’Angleterre relève ses taux en novembre, affectant en plein les ménages, très endettés, et par ricochet la consommation et la croissance.

Conscients du cercle vicieux qui s’enclenche et des risques d’échec du Sommet, les milieux d’affaires mobilisent comme jamais pour une clarification immédiate.

La City clame qu’un accord sur la période de transition doit intervenir au printemps prochain « au plus tard », faute de quoi les délocalisations financières irréversibles suivront.

Et l’association des grandes entreprises BusinessEurope presse aussi Londres de tout faire pour débloquer la situation.

Il est vrai que ses membres, tous fortement implantés outre-Manche, auraient beaucoup à perdre en cas de « hard Brexit ».

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