La chronique de l'actualité

Rome fait monter la pression sur Vivendi en Italie

le 17/10/2017

Philippe Mudry

Comme dans toute pièce de la Commedia dell’arte, les rebondissements abondent dans la saga de Vivendi en Italie.

Rome vient d’en ajouter un en recourant à propos de Telecom Italia aux pouvoirs spéciaux lui permettant d’intervenir dans des secteurs stratégiques.

Le recours à cette procédure élève la pression sur le groupe français, accusé d’avoir masqué sa prise de contrôle résultant de sa montée au capital de l’opérateur transalpin. Il risque une amende de 300 millions d’euros.

Mais Rome pourrait préférer pour Telecom Italia une solution industrielle plus conforme aux intérêts nationaux.

Selon la presse, pour soustraire à l’appétit de Vivendi une filiale de Telecom Italia spécialisée dans les câbles sous-marins, intéressant la défense nationale, l’opérateur pourrait être contraint de maigrir en cédant des actifs.

Plusieurs schémas ont été évoqués, de la session de cette filiale à celle de l’intégralité de ses activités fixes, mais sans confirmation par les intéressés.

L’offensive de Rome vient doubler celle de la Consob, le gendarme des marchés italiens.

Selon elle, Vivendi exerce un contrôle de fait sur Telecom Italia, qui pourrait le contraindre à une OPA sur 100% du capital. Vivendi dément.

C’est en coulisses que se trouve peut-être la clé de l’intrigue.

Vivendi négocie avec Mediaset, le holding de Silvio Berlusconi, un accord de partenariat dans les contenus qui conclurait enfin la guerre que se livrent les deux groupes depuis des mois.

Là encore personne ne commente. Mais un tel dénouement, signé avec un homme qui pourrait retrouver un rôle central sur la scène politique à la faveur des élections de 2018, donnerait au Français l’occasion de reprendre la main face au gouvernement actuel.

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