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La course à la taille s’accélère dans l’industrie des paiements

le 06/07/2017

Philippe Mudry

JP. Morgan n’aura pas eu le temps de dire « ouf » !

A peine connu son intérêt pour Worldpay, qui se revendique numéro un européen avec 450 milliards de dollars de transactions en 2016, que sa proie a accepté une offre de rachat de l’américain Vantiv de 9,1 milliards de livres en valeur d’entreprise.

Le géant américain de la banque a aussitôt indiqué qu’il jetait l’éponge.

Dès lors, privée de l’alléchante perspective d’une bagarre entre les deux prétendants, la Bourse a laissé tomber le titre Worldpay de 10% hier à Londres.

Voilà qui donne une idée de la fièvre qui s’est emparée de l’industrie des paiements, encore illustrée par les approches rivales de prédateurs visant le danois Nets.

On ignore leurs noms mais celui de Worldline, filiale à 70% du français Atos, revient avec insistance.

Nets est le 5ème européen, capitalise 4 milliards d’euros et serait bien dans les moyens de la filiale d’Atos, aux grandes ambitions et à la poche profonde.

L’heure de la concentration de grande ampleur a donc sonné, avec face aux industriels certains fonds de capital-investissement comme le tandem Bain-Advent.

Celui-ci, ancien propriétaire de Worldpay, s’est construit en quelques années une base solide dans le secteur, puisqu’il est propriétaire à 100% de Nets depuis 2014 et qu’il a acquis depuis l’italien ICBPI.

La course à la taille résulte d’une quête classique de réduction des coûts dans une industrie gourmande en capitaux, d’une explosion du commerce en ligne, et des progrès technologiques autour du smartphone.

De plus, le marché européen connaît des évolutions réglementaires majeures dans le secteur des paiements, qui expliquent que ses leaders en fassent un champ clos privilégié de leurs ambitions.

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