La chronique de l'actualité

Violent coup de frein en vue sur l’expansion chinoise à l’étranger

le 23/06/2017

Philippe Mudry

Le temps de l’expansion chinoise débridée à l’étranger, à coups de rachats d’entreprises ou d’immobilier financés par la dette, tire à sa fin.

Les conséquences pour leurs participations à l’étranger s’annoncent fortes.

Selon des sources financières à Pékin, le régulateur chinois a demandé aux banques locales de faire la lumière sur la qualité du bilan de groupes nationaux de premier rang, acquéreurs frénétiques de ces dernières années.

Outre l’assureur Anbang, dont le patron est en prison, on cite Dalian Wanda, aux ambitions mondiales dans l’immobilier et le divertissement, ou HNA, conglomérat investissant surtout dans l’aérien – il a entre autres pris 50% d’Aigle Azur – et la finance, acquérant notamment 10% de Deutsche Bank.

On cite encore Fosun, le plus connu en France. Le propriétaire de Club Méditerranée depuis 2015 aurait volontiers pris un ticket chez Compagnie des Alpes.

Un investissement bien moins probable aujourd’hui.

La crainte du régulateur, c’est que cette boulimie d’acquisitions ait nourri un endettement démesuré, préjudiciable à la stabilité financière.

Vu sous cet angle, c’est une bonne nouvelle, car le niveau réel de la dette des entreprises chinoises est au premier rang des risques pesant sur la planète finance.

Vu sous l’angle du marché des fusions et acquisitions, c’est une moins bonne nouvelle tant les vendeurs d’actifs occidentaux et leurs conseils ont bien profité de l’appétit chinois.

Pour les entreprises à l’actionnariat en tout ou partie chinois, c’est un temps d’incertitude qui commence.

Qui dit assainissement des bilans dit nettoyage des participations avec moins-values à la clé.

Certains tours de table pourraient se révéler branlants dans les prochains mois.

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