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Pourquoi l’Europe a raison de se méfier de l’appétit de certains investisseurs chinois

le 16/06/2017

Philippe Mudry

Les Européens qui cherchent les moyens de contrôler les rachats d’actifs par des investisseurs chinois ont une raison de plus de s’inquiéter.

La possible déconfiture d’Anbang, deuxième assureur-vie du pays et l’un des récents plus gros acquéreurs chinois à l’étranger.

Ce groupe est un cas d’école : parti de rien en 2004, sa structure de contrôle d’une opacité totale fait que le véritable propriétaire Wu Xiaohui, son patron opérationnel, n’y apparaît pas directement.

Or Anbang a initié une politique de croissance météorique, fondée sur la vente de polices d’assurance-vie bien rémunérées et risquées et une croissance externe débridée en Chine et à l’étranger.

Ce qui lui vaut d’être dans le viseur des régulateurs chinois, inquiets des conséquences pour la stabilité financière et les épargnants de sa fuite en avant commerciale et hostiles à ses emplettes frénétiques à l’étranger.

Le mystérieux M. Wu a été arrêté et les banques sommées de se tenir à l’écart de son groupe.

Or cette situation critique pose dès lors la question du devenir de ses participations, notamment en Occident.

Car il s’est montré très actif depuis 3 ans, rachetant le célèbre Waldorf-Astoria de New York en 2015, ou tentant, sans succès, de racheter la banque portugaise Novo Banco et le groupe hôtelier Starwood.

L’assureur néerlandais Vivat, également acquis en 2015 et dont les obligations ont lourdement chuté hier, est aussi concerné. L’ennui, c’est que le vendeur était l’Etat lui-même…

Beau sujet de conversation pour le Conseil européen de jeudi prochain.

Paris, par la voix de son président, Berlin et Rome devraient mettre sur le tapis la question de la protection d’actifs majeurs de l’appétit d’acquéreurs indésirables. 

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