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L’enjeu des actionnaires particuliers doit être redécouvert

le 13/03/2017

Philippe Mudry

Quand il s’agit de lever du capital, disposer du bassin d’épargne le plus large possible est crucial.

Or les particuliers capables de souscrire existent en France mais ne se mobilisent plus. Les ramener en Bourse reste un enjeu que les grands de la cote ne doivent plus méconnaître.

EDF en fait l’expérience. Sur les 4 milliards d’euros de son augmentation de capital, l’Etat en apportera les ¾.

Reste à trouver le dernier milliard : Les investisseurs professionnels en prendront une part, mais séduire les 800.000 particuliers encore actionnaires d’EDF sera aussi essentiel.

Beaucoup sont entrés lors de l’entrée en Bourse en 2005, et n’ont pas fait une bonne affaire. Les séduire à nouveau est une gageure.

D’où la mobilisation de l’entreprise et de ses banques sur le sujet. Un site internet dédié a été créé, une fiche pédagogique rédigée détaillant l’opération, un courrier adressé aux actionnaires avec une lettre du PDG.

La souscription a été lancée à la veille du week-end, hors vacances, pour une mobilisation optimale.

Une tel soutien, en des temps où professionnels et activistes dominent l’actionnariat, est un puissant gage de stabilité et de confiance dans la stratégie d’une l’entreprise.

Quand Air Liquide a lancé son appel au marché pour racheter Airgas aux Etats-Unis, la fidélité sans faille de ses actionnaires particuliers a été décisive.

Les candidats à la présidentielle feraient bien de s’en souvenir s’ils veulent rapprocher les Français de leurs entreprises, via notamment, comme l’affirme François Fillon, une relance des privatisations.

Car les trois vagues passées de privatisation, initiées en 1986, 93 et 98, avaient été des succès justement parce que les particuliers s’étaient mobilisés.

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