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La route de la consolidation financière n’est pas terminée pour EDF

le 08/03/2017

Philippe Mudry

EDF vient de franchir une nouvelle étape décisive de son convalescence financière en lançant dès hier son augmentation de capital de 4 milliards, dont 3 réservés à l’Etat. Mais sa guérison prendra encore quelques années.

Le chiffre de 4 milliards donne une idée incomplète de l’effort de restauration des fonds propres engagé.

Car depuis des années, l’électricien offre la possibilité d’opter pour un paiement du dividende en actions. Or l’Etat, détenteur de plus de 85% du capital, l’a acceptée au titre de 2015 et 2016 et y recourra encore en 2017.

Le résultat, ce sera 4 milliards de fonds propres supplémentaires sous forme d’actions nouvelles, portant à 8 milliards le montant de capital dont l’entreprise aura renforcé son bilan.

D’ici à 2018, il aura émis plus d’un milliard de titres nouveaux alors qu’il en comptait moins de deux milliards fin 2015, soit plus de 50% de plus.

Voilà qui donne la mesure de la transformation en cours.

Pour autant, EDF n’a pas terminé sa longue marche. Dix milliards de produits de cessions doivent être réalisés d’ici 2020.

Une bonne partie, soit 6,7 milliards, a déjà été engrangée. Ce chiffre inclut les 49,9% du capital de RTE, vendus pour un peu plus de 4 milliards.

Le détail de leur affectation n’est pas connu mais l’essentiel ira au désendettement.

Il s’agit de maintenir le ratio dette nette sur excédent brut d’exploitation à 2,5 fois, soit à peine plus que son niveau de fin 2016.

Cette quasi-stabilité s’explique par l’ampleur des investisseurs prévus : pour l’essentiel le grand carénage, programme d’allongement de la vie des centrales nucléaires, et la construction de l’EPR d’Hinkley Point en Grande-Bretagne.

Soit une bonne soixantaine de milliards d’ici 2025.

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