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Les multinationales britanniques pourraient profiter du Brexit

le 24/10/2016

Si la baisse de près de 20% de la livre depuis le vote du 23 juin signifie un appauvrissement pour les Britanniques, ce n’est pas le cas pour leurs multinationales qui réalisent l’essentiel de leurs affaires dans d’autres devises.

Au contraire, elles pourraient tirer parti de cette conjoncture.

C’est le sens du la décision du groupe de tabac BAT de proposer un rachat des 60% qui lui manquent de l’américain Reynolds pour 47 milliards de dollars.

Le propriétaire de Lucky Strike entend profiter d’un contexte parfait pour boucler la consolidation dans le secteur, désormais concentré sur 6 acteurs.

BAT s’assurera le leadership aux Etats-Unis par le chiffre d’affaires et le résultat opérationnel.

Mais si la Bourse a salué l’offensive du britannique, c’est aussi pour son opportunisme financier.

Car BAT, qui réalise 99% de ses ventes hors du Royaume Uni, a vu ses résultats financiers exprimés en livre faire un bond spectaculaire.

Son cours de Bourse en a profité gagnant 13%. D’où sa proposition de payer plus de la moitié des 47 milliards de dollars proposé en titres, ceux de Reynolds ayant baissé depuis le printemps

Pour le solde, BAT empruntera en dollars, pour deux raisons :

-d’abord les taux sont à un plus bas historique ;

-et ensuite les conditions d’emprunt pourraient, selon certains analystes, permettre d’alléger la facture fiscale aux Etats-Unis où Reynolds réalise la quasi-intégralité de ses ventes.

Ce mouvement de BAT pourrait donner des idées à d’autres.

On pense notamment aux géants de la pharmacie GlaxoSmithKline and AstraZeneca dont la situation est comparable.

Ils sont riches, dans un secteur en consolidation et depuis le vote, leurs cours ont bondi de 16 et 25% respectivement.

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