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Hinkley Point, EDF a fait le plus facile

le 16/09/2016

Le cours d’EDF a reculé de près de 2% hier après le lancement par le gouvernement britannique du projet nucléaire de grande ampleur d’Hinkley Point.

Preuve que les investisseurs croient que malgré les obstacles déjà franchis, le plus dur commence pour l’électricien : démontrer que le projet va rendre un avenir au nucléaire français.

Les défis sont pour lui de trois ordres. Le premier est financier.

EDF a-t-il les reins assez solides pour tenter l’aventure ? Son ancien directeur financier, pour avoir répondu « non », a dû quitter le navire.

C’est vrai qu’EDF est affaibli, avec une dette nette de 37 milliards d’euros pour 22 milliards de capitalisation seulement.

Une recapitalisation de 4 milliards est bien prévue.

Mais elle paraît bien courte au regard des bas prix de l’électricité, des investissements massifs à consentir pour prolonger la vie des centrales françaises, ou du rachat d’une partie d’Areva.

En affirmant que le profit de risque d’EDF va se dégrader, l’agence Moody’s résumait hier un sentiment répandu.

D’autant que la rentabilité ultime du projet, alléchante sur le papier, pâtira de tout retard.

La gît le second défi, opérationnel. Les déboires d’Areva en Finlande et d’EDF à Flamanville, montre son ampleur.

L’opérateur assure avoir appris de ses erreurs.

Soit mais 9 ans pour un tel chantier paraissent néanmoins, pour une technologie encore non éprouvée, un délai bien court.

Le dernier défi ne sera pas moins redoutable. C’est le défi de gouvernance lancé à son Pdg Jean-Bernard Lévy.

Une bonne partie de la structure, encadrement et syndicats compris, est contre le projet dont il s’est fait le héraut résolu.

La reconstruction d’une dynamique d’entreprise sur le sujet est un impératif.

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