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L’occasion de créer un beau champion français se profile

le 12/09/2016

En cette semaine qui s’ouvre, le gratin des banquiers d’affaires français sera sur les dents.

C’est vendredi 16 que Safran attend les offres définitives des candidats au rachat de Morpho, sa filiale de solutions d’identité et de sécurité.

Il s’agit déjà d’un leader mondial mais l’occasion est belle de créer, à l’occasion de cette cession, un champion national dans un secteur, la biométrie, où la France possède un savoir-faire incontestable.

L’identité des cinq candidats donne une idée de l’intérêt que suscite ce pôle désormais non stratégique de Safran, fort de deux milliards d’euros de chiffre d’affaires.

On n’y trouve que des premiers couteaux, deux industriels français, Gemalto et Oberthur Technologies, et trois consortiums plus financiers groupés autour des tandems de fonds Bain Capital-Ardian, KKR-Impala et CVC-Astorg.

Le prix de cession sera donc élevé, en tout cas supérieur aux deux milliards d’euros fixés comme plancher par Safran, comme l’a montré un premier tour de piste des candidats en juin.

D’autres considérations pèseront aussi, à commencer par la crédibilité du projet industriel dans une perspective internationale.

Mais les critères politiques joueront aussi : car compte tenu de son secteur d’activité, crucial en ces temps de menaces terroristes omniprésentes, le destin de Morpho est suivi de près.

A Paris bien sûr mais aussi aux Etats-Unis où Morpho détient le marché des permis de conduire.

Une position jugée si sensible que Washington a imposé que la filiale concernée soit gérée par un conseil cloisonné, qui échappe à la tutelle effective de son actionnaire.

Autant dire que l’heureux élu final devra au préalable avoir montré patte blanche des deux côtés de l’Atlantique.

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