La chronique de l'actualité

Le risque d’échec monte en flèche dans les rapprochements d’entreprise

le 01/09/2016

Les fusions et acquisitions rythment l’actualité par leur côté spectaculaire.

Ce qu’on sait moins, c’est que sur dix opérations annoncées, quatre échouent aujourd’hui, un taux historiquement très élevé.

Les chiffres disponibles sur 2016 montrent que les opérations de rapprochement annulées ont atteint à fin juin 670 milliards de dollars, soit deux fois plus que l’an dernier à pareille époque.

Un chiffre à rapprocher de celui des opérations annoncées, proches au 30 juin de 1.600 milliards.

Dernier exemple en date, le renoncement mardi de Mondelez à croquer Herschey.

Ce rapprochement dans la confiserie était valorisé 25 milliards de dollars.

L’abandon par Honeywell de son offre sur United Technologies était bien plus grosse, supérieure à 100 milliards, et celle de Pfizer sur Allergan proche de 200 milliards.

Les risques d’exécution industriels ou juridiques, les différends de valorisation et surtout les problèmes d’égo ont leur part dans ce taux d’échec élevé.

Mais les grands empêcheurs de fusionner en rond restent les régulateurs, européens comme américains.

L’antitrust d’abord, qui s’est entre autre opposé au rapprochement de Staples et d’Office Depot dans les fournitures de bureaux ou de Baker Hughes et d’Halliburton dans le secteur parapétrolier.

Les fiscs nationaux ensuite. Là le Trésor américain joue les dragons vigilants.

A son tableau de chasse l’offensive avortée de Pfizer sur Allergan qui a sonné le glas des grosses opérations d’inversion fiscale euro-américaine.

Autant dire que les PDG doivent bien mesurer les conséquences d’un deal.

Car une fois lancé, leurs organisations ne travaillent plus qu’à le réaliser. Au point qu’un échec risque de les laisser gravement fragilisées. 

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