La chronique de l'actualité

Une alliance Renault-Nissan de plus en plus nippo-centrée

le 13/05/2016

Philippe Mudry

Le secret de réussir une alliance industrielle, personne ne le connaît mieux que Carlos Ghosn.

D’où l’opportunisme impressionnant avec lequel il a bouclé le rapprochement entre Nissan et Mitsubishi Motors, alors même que ce dernier est plongé en plein scandale du trucage de ses tests d’économie de carburant.

Le risque est grand mais le jeu en vaut la chandelle. D’abord parce que l’ensemble Renault-Nissan-Mitsubishi va frôler les 10 millions de véhicules produits.

Il va donc entrer dans le tout petit club des super-grands de l’auto mondiale où l’on ne trouve guère que Toyota, Volkswagen et General Motors.

Ensuite parce que les synergies commerciale et de coûts prévisibles, au Japon mais aussi dans le monde, devraient relativiser l’impact d’éventuelles mauvaises surprises résultant des enquêtes sur le ruineux scandale en cours.

Enfin, parce que l’entrée de Nissan se fait sur la base d’un cours dévalué de 45% depuis l’éclatement de l’affaire.

Pour Renault, le bilan de l’opération s’annonce aussi positif.

Non seulement parce qu’il en tirera sans doute des avantages industriels par ricochet, mais aussi parce qu’en tant qu’actionnaire de contrôle de Nissan, il bénéficiera d’heureuses retombées financières en cas de succès.

En termes stratégiques en revanche, il est clair que l’alliance franco-japonaise dans l’automobile va pencher encore un peu plus en faveur du camp japonais, notamment par le nombre de véhicules produits.

C’est une réalité qui n’aura pas échappé à Carlos Ghosn qui se trouve, de facto, plus que jamais à l’épicentre du nouvel ensemble.

Elle ne devrait pas non plus échapper au gouvernement français, dans un rapport de forces toujours tendu avec le bouillant PDG.

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