Suez propose de rencontrer le PDG de Veolia

le 06/04/2021 L'AGEFI Quotidien / Edition de 14H

Suez, expert mondial des métiers de l'eau et des déchets
(Photo Ricochet64/StockAdobe)

Suez a indiqué dans la nuit de lundi à mardi qu'il proposait au PDG de son rival Veolia, Antoine Frérot, de le rencontrer dans les tout prochains jours, réaffirmant sa volonté d'aboutir à une solution négociée avec son rival.

« La solution négociée avec Veolia est la priorité du conseil d'administration de Suez », a déclaré le groupe dans un communiqué.

Mais dans le cadre de ces négociations, « il est important que la valeur [de Suez] soit reconnue », a souligné le président du groupe, Philippe Varin, lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes. Suez juge en effet que le prix de 18 euros proposé par Veolia pour le rachat de son concurrent est inférieur à sa valeur.

Ensemble de paramètres

Le prix de 20 euros par action sur lequel sont basées les discussions avec les fonds d'investissement Ardian et GIP est ainsi un prix plancher pour Suez, a indiqué le dirigeant. « Quand il y a une négociation, il faut prendre l'ensemble des paramètres, et là, nous sommes probablement plus flexibles sur les autres éléments que sur les 20 euros », a ajouté Philippe Varin.

Interrogé sur le contour de ces négociations, et notamment sur la présence ou non du consortium Ardian GIP dans le périmètre, Philippe Varin a répondu que « la question n’est pas tellement celle du consortium mais la dimension des remèdes » proposés par Veolia. Notre « logique est que les activités » qui ne seraient pas reprises par Veolia « puissent croitre et avoir accès à la technologie » ce qui suppose selon le président de Suez qu'elles n'aient pas « une empreinte seulement française ».

Cession des déchets australiens

Suez a soumis la proposition de rencontre avec Antoine Frérot tout en annonçant la signature d'un accord avec l'australien Cleanaway portant sur la cession de son pôle recyclage et valorisation en Australie sur la base d'une valeur d'entreprise de 2,52 milliards de dollars australien, soit 1,6 milliard d'euros. Cet accord prévoit toutefois plusieurs conditions pouvant permettre à Veolia d'acquérir ces mêmes activités australiennes soit en trouvant un accord avec Suez sur une offre publique d'achat globale avant le 5 mai, soit en surenchérissant sur l'offre proposée par Cleanaway pour ces actifs australiens.

Veolia avait prévenu qu'il s'opposerait à toute cession d'activité de Suez considérée comme stratégique, y compris les activités recyclage et valorisation en Australie.

La cession de cet actif australien était prévue dans le plan stratégique Suez 2030 présenté fin 2019 et s'inscrit donc dans la continuité de la feuille de route du groupe, a indiqué Philippe Varin. Suez n'exclut d'ailleurs pas de procéder à d'autres cessions, mais « aujourd'hui, aucune décision n'a été prise », a précisé le dirigeant.

Suez a également rappelé qu'il désactiverait la fondation néerlandaise empêchant la cession de ses activités Eau en France si les deux groupes parvenaient à s'entendre sur une offre publique d'achat globale.

La semaine dernière, l'Autorité des marchés financiers a critiqué les moyens de défense de Suez.

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