La bataille d’influence s’intensifie entre les actionnaires d’Unibail

le 22/10/2020 L'AGEFI Quotidien / Edition de 14H

centre commercial Forum des Halles à Paris (actif du groupe Unibail-Rodamco)
(Forum des Halles à Paris (photo Unibail-Rodamco))

Les anciens dirigeants Unibail-Rodamco-Westfield (URW) n’ont pas de mots assez durs pour qualifier le nouveau projet stratégique de la société. Ils ont jusqu’au 10 novembre, date de l’assemblée générale du groupe, pour convaincre les actionnaires de ne pas voter l’augmentation de capital de 3,5 milliards d’euros proposée par la direction actuelle. En attendant, tous les moyens sont bons pour tenter de renverser Christophe Cuvillier, l’actuel président du directoire d’URW.

Invité ce matin sur BFM Business, Guillaume Poitrinal, un ancien patron d’Unibail, a enchaîné les critiques envers l’équipe de direction actuelle. « La destruction de valeur depuis 5 ans est considérable », estime-t-il. « La crise a révélé un défaut stratégique, elle a révélé que cette acquisition de Westfield a créé autour de 10 à 12 milliards de pertes, c'est absolument considérable », a-t-il déclaré. Et en tout état de cause, il réclame « un peu de temps ». « Est-ce que c’est le moment d’augmenter le capital ?, s’interroge-t-il. Ce papier, personne n’en veut ».

Avec ces déclarations, Guillaume Poitrinal appuie une fois de plus l’action du consortium d’investisseurs mené par son prédécesseur à la tête d’Unibail, Léon Bressler, et par le dirigeant d’Iliad Xavier Niel. Ceux-ci, qui s’étaient érigés les premiers contre cette opération, ont déclaré aujourd’hui avoir fait passer leur participation dans le groupe de 4,1 à 5%. Ce franchissement de seuil au capital du groupe montre que même si URW a balayé le plan stratégique alternatif proposé par ces minoritaires, ceux-ci font monter la pression en vue de l'AG du 10 novembre.

En milieu de journée, le titre Unibail perdait  plus de 2%, dans un marché parisien à l'équilibre. 

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