L’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi est relancée

le 12/03/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les trois constructeurs posent ce matin les bases d'une nouvelle alliance après le scandale Ghosn.

Jean-Dominique Senard, le président de Renault
Jean-Dominique Senard, le président de Renault, pourrait présider la nouvelle structure.
(Crédit Olivier Martin Gambier.)

Nouveau départ. Nissan, Renault et Mitsubishi vont dévoiler aujourd’hui une nouvelle structure de décision commune aux trois constructeurs. Suite à plusieurs articles de presse, Renault a confirmé hier «être en pourparlers avec ses partenaires de l'Alliance», expliquant que ce nouvel organe aura pour objectif «d'améliorer et de renforcer leur collaboration».

Selon le Wall Street Journal, la structure sera présidée par Jean-Dominique Senard, le président de Renault qui, peu de temps après son arrivée dans le groupe français le 24 janvier, avait entamé une opération séduction au Japon auprès de Nissan et de Mitsubishi. Ses autres membres seront les directeurs généraux des trois constructeurs (Thierry Bolloré pour Renault, Hiroto Saikawa pour Nissan et Osamu Masuko pour Mitsubishi). Selon Les Echos, cette structure serait baptisée «Conseil de l’Alliance». Des informations corroborées par une source proche du dossier auprès de L’Agefi.

Si cette nomination se vérifiait ce matin, il resterait à savoir si elle constitue un lot de consolation pour le camp français. En effet, plusieurs sources anonymes côté japonais ont déclaré dans la presse ces dernières semaines que le comité indépendant de gouvernance de Nissan était réticent à l’idée de voir le président de Renault siéger également à la tête du conseil d’administration du constructeur nippon : les Japonais veulent éviter les risques de conflit de loyauté et de concentration des pouvoirs, à l’image de Carlos Ghosn, qui cumulait jusqu’à son arrestation en novembre dernier les postes de PDG de Renault et de Renault-Nissan BV (RNBV, la structure qui régit l’alliance) et de président de Nissan et de Mitsubishi. Mais le rôle précis de Jean-Dominique Senard au sein de Nissan sera connu plus tard, le comité communiquera fin mars ses recommandations au constructeur nippon, qui tiendra une assemblée générale extraordinaire le 8 avril.

Une nouvelle
bien accueillie

La nouvelle structure annoncée ce matin remplacera dans son fonctionnement les entités néerlandaises RNBV et Nissan-Mitsubishi BV (NMBV), a confirmé la source. «Elle permet de faire entrer Mitsubishi [contrôlé à 34% par Nissan] de plain-pied dans l’alliance», indique-t-elle. Sa création sera l’occasion de faire le ménage dans cette galaxie (qui compte d’autres holdings, comme Zi-A Capital BV), soupçonnée également d’avoir servi à Carlos Ghosn dans les malversations financières dont il est accusé par Nissan et la justice japonaise.

Toutefois, il faudra patienter avant d’en savoir plus sur l’évolution des relations entre les groupes. «L'accord envisagé n'aura aucun impact sur l'existence du RAMA [Restated Alliance Master Agreement, l'accord régissant les relations entre Renault et Nissan signé en 2002 et fortement amandé en 2015] et de la structure d'actionnariat croisé, qui resteront tous deux en place. Ces discussions n'ont pas encore donné lieu à un accord définitif», indiquait hier matin Renault.

Il n’empêche que le marché a accueilli favorablement cette évolution : le titre Renault a terminé en hausse de 2,7% (à 58,73 euros) hier, tandis que celui de Nissan s’est adjugé 1,1% (à 922 yens). «Cette annonce montre que le dialogue est ouvert. Jean-Dominique Senard a fait son job. Elle rassure aussi sur le fait que tout le monde a bien conscience des bienfaits de l’alliance. Vouloir la remettre en cause ferait courir un risque gigantesque aux constructeurs, en particulier Nissan – qui, après avoir soutenu Renault, fait face à des difficultés aux Etats-Unis, en Europe et au Japon depuis deux, trois ans», estime un analyste.

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