Vivendi maintient le suspense pour Universal Music

le 18/05/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe de médias et de télécoms n’exclut aucune piste pour sa filiale de musique, sauf une cession complète.

Universal Music Group
Rien n’est décidé, mais pas question de vendre totalement Universal Music Group.
(crédit UMG.)

La publication du chiffre d’affaires du premier trimestre de Vivendi hier était très attendue: le groupe français de médias et de télécoms avait en effet annoncé au début du mois qu’à cette occasion, il présenterait à son conseil de surveillance différents scénarios concernant l’évolution du capital de sa filiale Universal Music Group (UMG).

Mais Vivendi s’est contenté de communiquer de manière succincte sur le sujet. «Le conseil de surveillance a validé la proposition du directoire, qui va notamment étudier et réaliser les opérations juridiques préalables nécessaires à l’évolution possible de la structure actionnariale du capital [d’UMG]. Le directoire présentera ensuite les différentes options d’évolution», écrit sobrement le groupe dans son communiqué.

Lors de la conférence téléphonique, le président du directoire Arnaud de Puyfontaine s’est déclaré «complètement agnostique» quant à la solution qui serait retenue pour UMG. «Nous verrons toutes les différentes options», a-t-il poursuivi, alors qu’il avait indiqué le 19 avril dernier que le groupe étudiait une introduction en Bourse. L’entrée d’un partenaire au capital, la distribution d’une participation aux actionnaires de Vivendi, voire le statu quo, font désormais partie des possibilités.

Mais il n’est pas question d’une vente totale. «La musique et UMG restent la colonne vertébrale de notre stratégie. Nous y voyons un grand potentiel. Une sortie complète n’est pas au programme», a clairement indiqué Arnaud de Puyfontaine, alors que le marché mondial de la musique a connu trois années de croissance consécutives.

Aucun calendrier n’a été indiqué. Les «opérations juridiques» consisteront à regrouper UMG en une seule entité, «étant donné la taille, la structure et le nombre de pays et de holdings» dont est composé la filiale.

Le sujet de la valorisation d’UMG, que le groupe estimait à plus de 40 milliards de dollars en novembre dernier, sera fondamental. Le courtier Raymond James estimait en début d’année qu’elle pourrait atteindre 30 milliards d'euros (contre 23 dans leur modèle actuel) si «la pénétration du streaming de musique dans les pays développés atteignait le niveau du marché nordique de l'ordre de 40%, contre 20% environ» aujourd’hui.

Le chiffre d’affaires d’UMG au premier trimestre (1,22 milliard d’euros, +4,5% en organique mais -4,8% en données publiées) a d’ailleurs confirmé le poids du streaming et des abonnements : ces canaux ont représenté 57% du revenu, contre 46% un an plus tôt et 34% au premier trimestre 2016. A l’inverse, les ventes physiques ne représentent plus que 16%, contre 22% et 27%.

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