Valeo n’accorde pas sa valeur et ses performances

le 26/10/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’équipementier automobile, qui a publié un chiffre d’affaires décevant au troisième trimestre, a subi la plus forte baisse du CAC 40 hier.

Site de production Valeo à Skawina, en Pologne.
Site de production Valeo à Skawina, en Pologne.
(Photo Valeo SA.)

Il est dangereux d’habituer le marché à la performance. Valeo en a fait la cruelle expérience hier : l’action de l’équipementier automobile a accusé de loin la plus forte chute du CAC 40 (-4,6% à 57,98 euros), après avoir publié la veille un chiffre d’affaires du troisième trimestre en deçà des attentes. Les ventes ont atteint 4,3 milliards d’euros, soit une progression de 8% par rapport au troisième trimestre 2016, mais de 5% à change et périmètre constants. Les analystes attendaient en moyenne 4,45 milliards d’euros, selon le consensus mesuré par Factset, et 4,55 milliards selon celui d’Inquiry Financial.

Valeo explique avoir souffert de la hausse du prix des matières premières et du contexte géopolitique tendu entre la Corée du Sud et la Chine. Après la décision de Séoul de déployer un système américain de missiles de défense contre la menace de la Corée du Nord, les entreprises sud-coréennes, notamment les constructeurs automobiles (auprès desquels Valeo est très présent), ont subi des représailles. L’équipementier français a constaté un repli de 12% de son chiffre d’affaires dans la péninsule, qui a coûté 1,2 point de croissance à son chiffre d’affaires global.

Les analystes et les investisseurs s’attendaient à ce que Valeo amortisse davantage les conséquences du refroidissement sino-coréen. Car la surperformance du groupe par rapport à la croissance du marché automobile (4 points) est inférieure à son ambition affichée (plus de 5 points) et aux surperformances affichées par les équipementiers français Plastic Omnium (8 points) et Faurecia (5 points). Invest Securities en conclut que l’écart de Valeo par rapport au marché automobile «s'est nettement érodé et s'est parfois transformé en sous-performance», y compris en Europe où sa progression a été supérieure de seulement 1% à celle du marché.

Tant que Valeo n'aura pas démontré sa capacité à dégager une croissance organique de 8% au quatrième trimestre ou en 2018, les investisseurs se tiendront à l'écart du titre, résume Evercore, qui maintient cela dit que le groupe a les cartes en mains – notamment en termes de carnet de commandes – pour accélérer au cours des deux années prochaines. Encore faudrait-il qu’il en précise les modalités.

Valeo semble en fait autant victime de sa valorisation en Bourse (le titre a culminé à 64 euros mi-octobre, non loin de ses records historiques), que de cette petite contre-performance. CM-CIC, tout en jugeant que la croissance du groupe reste conforme à ses objectifs, estime ainsi que le potentiel de hausse à court terme «semble limité».

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