Danone alimente l’intérêt des fonds activistes

le 16/08/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Corvex Management aurait pris une participation au capital du groupe agroalimentaire français, notoirement sous-évalué.

Danone alimente l’intérêt des fonds activistes
L’action Danone a reculé de 7% ces douze derniers mois.
(Bloomberg)

Les rumeurs se font pressantes au sujet de Danone. Progressant de 2,31% lundi et de 1,04% mardi (à 67,11 euros), l’action du groupe agroalimentaire français a été portée par deux informations parues ces derniers jours dans la presse américaine.

Tout d'abord, le New York Post prêtait dimanche à plusieurs concurrents (comme Coca-Cola ou Kraft) l’intention d’acquérir Danone. Puis Bloomberg affirmait hier, dans un article nettement plus étayé, que le fonds activiste Corvex Management avait pris une position de l’ordre 400 millions de dollars (340 millions d’euros) au capital du groupe – soit une participation d’environ 0,8% au cours de clôture vendredi.

Des résultats mitigés

Corvex, dirigé par Keith Meister, estimerait Danone sous-valorisé. L’action a reculé de 7% ces douze derniers mois, en prenant comme référence le cours de vendredi dernier (avant l’effet des rumeurs), même s’il a récupéré une partie de sa baisse par rapport au début de l’année. Il se paie 23 fois ses bénéfices, contre 27,3 pour Nestlé et 24,5 pour l’anglo-néerlandais Unilever, selon les statistiques de marché de Bloomberg.

Le géant agroalimentaire a présenté le mois dernier des résultats mitigés au premier semestre en raison d’une croissance organique des ventes quasi nulle (+0,4%, dont +0,2% pour le seul deuxième trimestre). Les résultats du premier trimestre avaient également déçu et les comptes de l’exercice 2016 avaient affiché la plus faible croissance organique depuis 1997.

Une anomalie, estiment plusieurs analystes, qui ne s’étonnent pas de l’intérêt d’un fonds activiste pour la valeur. Le portefeuille de Danone est celui qui affiche la meilleure santé et qui progresse le plus rapidement parmi les grands du secteur, mais le groupe peine à traduire ces atouts dans ses comptes, estime ainsi le courtier Kepler Cheuvreux dans une note.

Des intentions encore floues

Si l’investissement de Corvex est avéré, il reste à connaître ses intentions. Celles-ci pourraient se résumer à exercer une pression sur le directeur général de Danone Emmanuel Faber. Mais le fonds pourrait également se faire plus radical et réclamer des cessions, par exemple dans ses divisions Eaux et Nutrition, explique à Reuters Pierre Tegner, analyste chez Natixis.

Selon les sources citées par Bloomberg, l’activiste pense que le titre Danone progresserait si la direction orientait le groupe de manière à se concentrer sur la santé et le bien-être. Corvex n’aurait pour l’instant pas l’intention d’appeler publiquement à changer de direction ni d’engager une procédure pour influencer les décisions de Danone.

Un contexte politique favorable

L’opération rappelle la prise de participation de Third Point dans Nestlé, le premier groupe agroalimentaire européen: l’activiste a déjà obtenu un plan de rachat d’actions et il réclame des cessions d’actifs. L’amélioration des perspectives économiques européennes et l’accalmie du risque politique ont renouvelé l’intérêt pour des acquisitions sur le continent alors que dans le même temps, les cibles potentielles aux Etats-Unis commencent à se tarir.

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence française, le contexte politique est favorable à une acquisition de Danone par un groupe étranger, estime Exane BNP Paribas. Danone semble moins intouchable.

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