Akzo Nobel entrouvre la porte à PPG

le 25/04/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe américain a fait une troisième et dernière proposition au chimiste néerlandais qui, pour une fois, va l'étudier.

Peinture Coral du groupe AkzoNobel
Pour la première fois, Akzo Nobel ne rejette pas d’emblée l’offre de PPG et indique qu’il va l’examiner.
((Peinture Coral du groupe AkzoNobel). Photo AkzoNobel.)

Akzo Nobel, qui tient son assemblée générale aujourd’hui, va devoir faire assaut de persuasion pour justifier d’un éventuel rejet de l’approche de l’américain PPG Industries. Ce dernier a en effet relevé une nouvelle fois son offre sur le chimiste néerlandais d’environ 8% et propose désormais 96,75 euros par action : une composante en numéraire de 61,5 euros, à laquelle s’ajoute 0,357 action PPG par action Akzo et un dividende de 7,78 euros.

Ces termes représentent un total de 24,6 milliards d’euros pour la totalité du capital du groupe et de 26,9 milliards dette comprise – soit 12,8 fois l’Ebitda 2016 de l’entreprise. Ils correspondent à une prime de 50% par rapport au cours d’Akzo au 8 mars, la veille de la première approche de PPG. Il avait initialement proposé 83 euros par action, en mars dernier.

Son directeur général Michael McGarry précise dans un communiqué qu’il n’y aura pas d’autre approche. De son côté, Akzo, qui a présenté un plan alternatif la semaine dernière, a confirmé la réception de cette offre et indique que le directoire et le conseil de surveillance allaient étudier «attentivement» cette proposition. Cette réponse, quoique tiède, peut être considérée par ses actionnaires comme un élément encourageant : c’est en effet la première fois que le néerlandais ne rejette pas d’emblée l’offre de son concurrent et indique qu’il va l'examiner.

Comme le soulignent les analystes de Morgan Stanley, les termes de l’offre ont été substantiellement améliorés, non seulement au sujet des indemnités de rupture, mais aussi de l’emploi (maintien des accords collectifs, aucune suppression de poste de l’activité chimie de spécialité, qu’Akzo entend introduire en Bourse), des plans de retraite (garantie des plans britanniques et néerlandais), et de la R&D (maintien ou augmentation du niveau d’investissement actuel d’Akzo aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, maintien des accords avec les universités néerlandaises, le site d’Akzo en Chine deviendrait le site pour le nouveau groupe dans ce pays...).

Si le fonds activiste Elliott Advisors – l’actionnaire le plus virulent contre l’obstination d’Akzo Nobel à snober PPG – s’est donné le temps d’étudier lui aussi les nouveaux termes, refusant de donner sa position dès hier, un autre actionnaire, Columbia Threadneedle Investments, a indiqué dans un communiqué que les administrateurs d’Akzo n’ont «plus aucune excuse et doivent ouvrir de réelles négociations avec PPG». Même réaction de la part du hedge fund Case Equity Partners.

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