Renault prépare une nouvelle feuille de route

le 13/02/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le constructeur présentera en octobre son nouveau plan stratégique. La présence de l’Etat français au capital interdit toute évolution de l’alliance avec Nissan.

Renault prépare une nouvelle feuille de route
(Bloomberg)

Malgré des perspectives assez prudentes pour l’exercice en cours, l’excellente année 2016 réalisée par Renault a rendu caduc son plan stratégique «Drive the Change» lancé en 2011. Alors qu’il s’était fixé un objectif de chiffre d’affaires de 50 milliards d’euros accompagné d’une marge opérationnelle supérieure à 5% à l’horizon 2017, le constructeur français a vu l’an dernier son chiffre d’affaires bondir de 13,1% à 51,24 milliards (+17% à taux de changes constants) et sa marge atteindre 6,4%.

Le groupe proposera au titre de l’exercice écoulé un dividende de 3,15 euros par action, en hausse de plus de 31% d’un an sur l’autre. Intervenue le 28 décembre dernier, la première consolidation par intégration globale du russe Avtovaz n’a pas eu d’impact sur son compte de résultat. Elle a en revanche minoré de 30,7% sa position nette de liquidité qui ressort à 2,7 milliard d’euros.

Pour 2017, le constructeur prévoit un marché automobile mondial en progression de 1,5% à 2%, tiré par une croissance de 5% en Chine et de 8% en Inde, contre +2% en Europe. Sans fournir d’objectifs quantitatifs, il compte accroître son chiffre d’affaires à taux de change constants hors impact d’Avtovaz, augmenter sa marge opérationnelle en euros et générer un cash-flow libre opérationnel positif dans son activité automobile.

Renault présentera en octobre un nouveau plan pour la période 2017-2022, élaboré en concertation avec ses partenaires Nissan et Mitsubishi. Il s’est déjà fixé l’ambition d’atteindre à l’échéance de ce plan un chiffre d’affaires de 70 milliards d’euros et une marge opérationnelle de 7%. Le groupe compte aussi dégager sur cette période un cash-flow libre opérationnel «positif chaque année» dans l’automobile.

Son PDG Carlos Ghosn a souligné que la structure capitalistique de l’alliance avec Nissan ne changera pas tant que Paris conservera sa participation de 19,7% dans Renault. «Le jour où l'Etat français décide de sortir, tout est ouvert, et je peux vous dire que ça ne traînera pas», a ajouté le dirigeant.

Avec une action qui se négocie 6,1 fois les bénéfices attendus en 2017, «Renault reste l’une des grandes capitalisations boursières les plus attrayantes dans l’automobile grâce à la commercialisation de nouveaux véhicules, à la reprise des marchés émergents et aux économies significatives découlant des synergies avec Nissan», jugent les analystes de Kepler Cheuvreux.  

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