Spie fait un pas de géant dans sa croissance

le 26/12/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

En acquérant l’allemand SAG, pour 850 millions d’euros, le groupe français augmente d’un quart sa taille et devient un acteur majeur outre-Rhin, un marché très convoité.

Spie fait un pas de géant dans sa croissance
Avec SAG, le groupe français Spie change de dimension.
(Photo Spie.)

Spie a trouvé des bottes de sept lieues dans sa hotte. Le spécialiste français de services multi-techniques a annoncé hier l’acquisition de SAG, spécialisé dans les services aux infrastructures d’énergie, pour 850 millions d’euros. Soit la plus grosse acquisition qu’il ait jamais réalisée. Son propriétaire actuel, le fonds EQT, l’avait acquis pour 720 millions d’euros en 2008 auprès du producteur d’électricité allemand RWE.

Le montant comprend un versement en numéraire de 460 millions et la reprise d’un engagement net de retraite de 390 millions après impôt. Il représente 11 fois d’excédent brut d’exploitation (EBE) estimé de la société en 2016, ou 8,8 fois après la prise en compte des synergies. Le chiffre d’affaires devrait atteindre 1,3 milliard d’euros, contre 5,3 milliards pour Spie en 2015.

En dehors de son intérêt stratégique (SAG tire 75% de ses revenus de l’Allemagne, marché convoité, et bénéficie d’une présence en Europe centrale), l’opération a été saluée par les investisseurs par son caractère relutif : le cours de l’action Spie s’est envolé de 10% vendredi en journée (son record), pour terminer la séance en hausse de 8,8% à 19,75 euros. Le groupe estime qu’elle aura un impact positif sur le bénéfice par action (BPA) ajusté d'environ 12% en 2017 et d'environ 15% en 2018, avant la prise en compte des synergies. Le groupe espère parvenir à réaliser 20 millions d’euros (avant impôt) de synergies de coûts et d’achats dans les deux ans.

La transaction en numéraire sera financée par un crédit-relais équivalent. Le ratio d'endettement pro forma du groupe fin 2016 ne dépassera pas 3 fois son EBE, assure Spie. Au cours d’une téléconférence, le directeur financier Denis Chêne a précisé que l'objectif était de retrouver un levier d'environ 2,5 fois d'ici à fin 2018. «La forte génération de trésorerie caractérisant Spie et SAG permettra à la fois une réduction régulière de ce levier et la poursuite de la mise en œuvre de [notre] stratégie d’acquisitions», indique le groupe.

En effet, son appétit ne s’est pas démenti : l’opération de vendredi est la troisième du mois de décembre. Il avait annoncé les acquisitions du belge Tevean (9 millions de revenus en 2015) et du néerlandais Aaftink (12 millions). Mais avec SAG, le français change de dimension en augmentant sa taille d’un quart. La transaction devrait être bouclée au plus tard au début du deuxième trimestre 2017.

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