SoLocal ne respectera pas ses covenants fin juin

le 24/06/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’ex-PagesJaunes commence à restructurer sa dette. Les porteurs obligataires de PagesJaunes Finance & Co vont devenir créanciers de SoLocal.

SoLocal engage une restructuration financière qui s'annonce douloureuse. Le groupe de communication digitale prévient qu’il ne respectera «probablement pas» ses covenants bancaires à fin juin 2016 ni à fin septembre 2016. Depuis décembre 2015, le ratio dette nette sur Ebitda ne doit pas être supérieur à 4 fois. Il était de 3,75 fin 2015. Au 31 mars 2016, ce ratio était encore respecté. Pourquoi alors cette subite dégradation ?

Dans le cadre de la restructuration de sa dette, SoLocal a demandé la désignation d’un mandataire ad hoc au tribunal de commerce de Nanterre, qui a nommé Frédéric Abitbol. Un habitué des restructurations financières. Toutefois, cette nomination constitue un cas de défaut pour les 350 millions d’euros d’obligations garanties seniors d’échéance 2018 émises par PagesJaunes Finance & Co SCA et les rend donc exigibles.

Capacité à investir limitée

Aussi, dans le cadre d’une procédure de sollicitation de consentement, SoLocal propose aux porteurs d’obligations PagesJaunes Finance & Co de devenir directement créanciers de SoLocal en se faisant attribuer la créance sous-jacente de même montant que PagesJaunes Finance & Co détient sur SoLocal et qui est nantie au profit des porteurs obligataires. Les porteurs d’obligations PagesJaunes Finance pourront ainsi participer directement aux discussions entre SoLocal et ses créanciers.

Il y a donc urgence à réduire drastiquement cette dette, si les covenants ne sont plus respectés à partir de ce deuxième trimestre 2016. D’autant que SoLocal juge «extrêmement improbable» sa capacité de rembourser ses dettes financières à leurs échéances contractuelles de mars et juin 2018. Fin mars 2016, la dette nette atteignait 1,1 milliard d’euros, contre 1,09 milliard fin 2015. Ce niveau d’endettement «très élevé […] limite fortement la capacité du groupe à réaliser les investissements nécessaires à l’accélération de sa croissance digitale», reconnaît SoLocal. Au premier trimestre, ses ventes ont reculé de 8% à 190 millions d’euros, pour un Ebitda récurrent en baisse de 9% à 52 millions, soit une marge stable 27%.  

A cette annonce, l’action SoLocal a chuté de 7,77% à 2,68 euros, lanterne rouge du SRD, touchant en séance un plus bas historique de 2,65 euros. Près de 2% du capital a été échangé. La ligne obligataire juin 2018 de 350 millions d’euros à 8,875% cédait hier 4,9 points à 52,5% du pair.

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